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Cadence maintenue pour l’immigration

Photo: Andréanne Moreau/TC Media

L’intention de François Legault d’abaisser les seuils d’immigration à 40 000 personnes par année pour le Québec est déconnectée de la réalité, selon la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil.

En visite au Centre d’Accueil et de Référence sociale et économique pour Immigrants (CARI) Saint-Laurent, Mme Weil a assuré que les propos du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) «ne résonnent pas du tout dans le milieu».

M. Legault a affirmé que, si son parti était élu, il abaisserait les volumes d’immigrants de 20%, les faisant passer de 50 000 à 40 000. En conférence de presse pendant le caucus pré-sessionnel de son parti à Saint-Jérôme, il a plaidé que «trop d’immigrants ne s’intègrent ni au marché du travail ni à la majorité francophone.»

Le plan soumis par la ministre libérale propose pour sa part un maintien des seuils à environ 51 000 immigrants par année jusqu’à 2019, pour ensuite les augmenter graduellement. Rappelons que les prochaines élections provinciales se tiendront en 2018.

Cavalier seul
Dans le cadre de la consultation publique qui s’est tenue en août au sujet du plan du gouvernement libéral sur l’immigration pour la période 2017-2019, les élus ont pu entendre l’opinion de différents acteurs du milieu, des organismes aux représentants du monde des affaires.

«Il n’y a pas un chat qui demande une baisse des volumes d’immigration, alors je ne comprends pas M. Legault. Il a pourtant assisté aux mêmes audiences», commente la députée de Notre-Dame-de-Grâce, ajoutant que les gens d’affaires étaient même nombreux à favoriser une augmentation des volumes.

Défis d’intégration
Mme Weil a défendu son approche prudente de maintien des seuils en faisant valoir que «c’est important de garder un équilibre pour que les nouveaux arrivants s’intègrent bien.»

Le chef de la CAQ voudrait maintenir le budget actuel des services d’accueil des immigrants tout en réduisant le nombre de personnes accueillies pour s’assurer d’un meilleur suivi de chacun.

«On ne peut plus continuer à accueillir autant de gens sans s’assurer que les ressources sont là pour qu’ils apprennent notre langue, nos valeurs et contribuent au marché du travail», a-t-il ajouté par voie de communiqué.

D’après Mme Weil, les services de francisation et d’intégration à l’emploi sont suffisants. «Présentement, 86% des immigrants parlent français, sont en processus de francisation ou sont des enfants qui fréquentent l’école francophone. Ce nombre a doublé en vingt ans», précise-t-elle.

La part du budget provincial vouée à la francisation des nouveaux arrivants a été augmentée de 4 M$ en 2016.

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