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Le directeur adjoint du SPVM suspendu temporairement

Photo: Archives - Métro

MONTRÉAL — Le directeur adjoint du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Bernard Lamothe, a été suspendu temporairement, vendredi après-midi, a déclaré le corps policier, alors que les voix s’élèvent pour réclamer que le chef, Philippe Pichet, soit démis de ses fonctions le temps de démêler la crise qui secoue l’organisation.

Le ministre québécois de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, a évité de commenter la nouvelle, en point de presse, arguant que cette suspension découlait de la seule décision du directeur Pichet.

La raison exacte de cette décision n’avait pas été détaillée par le SPVM, vendredi en milieu d’après-midi. Plusieurs médias rapportent toutefois que celle-ci a été prise à la lumière de nouvelles informations communiquées par la Sûreté du Québec (SQ).

«C’est une décision qui a été prise aujourd’hui par le directeur du SPVM», a réagi le ministre Coiteux peu après avoir annoncé la nomination d’un ancien sous-ministre de Justice du Québec, Michel Bouchard, comme commissaire de l’enquête administrative sur la gestion des enquêtes internes au sein du SPVM.

«Nous, on a mis sur pied à la fois une équipe élargie d’enquête (…), le directeur de la police va nous remettre un plan d’action. Il y aura certainement d’autres gestes qui vont être posés à la fois au SPVM et par nous», a-t-il ajouté.

Plus tôt cette semaine, La Presse faisait état d’une lettre envoyée en 2014 par deux ex-policiers à l’ex-chef du SPVM, Marc Parent, pour se plaindre des agissements de M. Lamothe.

D’anciens policiers cités dans un reportage du réseau TVA ont accusé — à l’émission J.E. — des collègues d’avoir fabriqué de la preuve contre eux afin de les empêcher de dévoiler des allégations de corruption au sein du SPVM, a révélé cette semaine.

Peu de temps avant l’annonce de la suspension de M. Lamothe, le ministre Martin Coiteux, confiait à Me Bouchard la tâche de piloter l’enquête administrative visant à faire la lumière sur les pratiques du SPVM en matière d’enquêtes internes et de contribuer à rétablir la confiance du public en l’un des corps policiers les plus importants de la province.

Il a déclaré par voie de communiqué que Me Bouchard, avec sa «vaste expérience et (sa) réputation sans faille», saura suggérer «les meilleures solutions possible» à la crise qui secoue le SPVM depuis un peu plus d’une semaine.

«Me Bouchard a tous les pouvoirs d’un commissaire selon les (dispositions sur les) commissions d’enquête, a insisté M. Coiteux en mêlée de presse, un peu plus tard. Et donc il a le pouvoir de contraindre. Il a le pouvoir d’aller chercher toute l’information qui est nécessaire (…) qui peut avoir une incidence sur le lien de confiance entre le SPVM et la population.»

L’annonce de vendredi survient une semaine après celle, le 24 février, de l’élargissement de l’enquête sur la gestion des affaires internes au sein du SPVM. La Sûreté du Québec (SQ), chargée du dossier, est épaulée par d’autres corps policiers tels que ceux des villes de Québec, Gatineau et Longueuil. La directrice du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a aussi été mise à contribution.

Il reviendra donc à Me Bouchard de dresser le portrait de la situation sur différents aspects touchant les enquêtes internes du SPVM, soit «la gestion, l’encadrement, les processus et les difficultés liés à ce type d’enquête», énumère Québec dans son communiqué. Un rapport devra être déposé d’ici au 15 septembre 2017, indique-t-on.

«On prend des décisions lorsqu’une lumière a été faite, lorsque les enquêtes ont été faites, a tempéré le ministre Coiteux vendredi. Soyons un peu patients, mais surtout soyons sérieux. On ne prend pas des décisions précipitées sur la base de ce qu’on a lu le matin dans le journal», avait plus tôt fait valoir M. Coiteux.

Les enjeux «plus systémiques» et «susceptibles d’affecter la confiance du public» devront aussi être passés sous la loupe, précise le gouvernement.

Me Bouchard a déjà oeuvré comme substitut du procureur général du Québec et comme sous-ministre délégué à la Justice du Canada. Il avait été responsable de l’enquête administrative québécoise sur les évasions par hélicoptères survenues dans deux établissements carcéraux de la province.

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