Joaquín Castro: «une histoire de succès»
Adieu Bill et Hillary. Le fameux duo de la politique américaine sera bientôt remplacé par les frères jumeaux Joaquín et Julián Castro. Julián est le maire de San Antonio, au Texas. Il est devenu une vraie vedette quand il a prononcé le discours d’ouverture à la Convention nationale démocrate. Il a été présenté sur scène par son frère Joaquín. Ce dernier est le conseiller de San Antonio, et il est maintenant candidat au Congrès. Métro l’a rencontré dans le quartier général de sa campagne.
Qu’est-ce que San Antonio peut nous révéler sur l’avenir de la politique aux États-Unis?
Le pays s’oriente vers l’endroit où est rendu San Antonio aujourd’hui. C’est une histoire de succès à l’américaine et un modèle pour d’autres villes du pays. Nous avons toujours des défis, il n’y a pas de doute, mais la situation économique de la ville s’améliore sans cesse. Au cours des deux dernières décennies, nous avons diversifié notre économie.
Autrefois, des villes comme San Antonio avaient d’importantes populations latines, mais elles étaient entièrement gouvernées par d’autres. Pourquoi cela change-t-il maintenant?
Oui, c’était le cas depuis des années. La raison pour laquelle je suis ici est que je suis personnellement enraciné dans la ville. Ma famille est ici depuis près de 100 ans. La communauté ici est travaillante et humble. Les gens travaillent fort, mais ils ne sont pas des charlatans. Quand mon frère et moi avons débuté nos études à Stanford en 1992, cette ville nous était inconnue. Nous venions d’arriver par avion de San Antonio avec chacun trois sacs. C’était à l’époque où Silicon Valley commençait à exploser. Nous avions alors pris conscience de ce que la matière grise peut faire pour une communauté, et comment les entreprises peuvent croître autour des universités. Ça nous a ouvert les yeux sur les possibilités que nous avons dans notre propre communauté. J’ai l’impression que j’ai une voix et que je peux prêter main forte à ce processus.
Trouvez-vous agaçant qu’on vous appelle un politicien latino, et non simplement un politicien?
Dans ma tête, je ne me mets pas d’étiquette. Mais je ne tente pas de cacher mes origines latines. Idéalement, on peut représenter sa communauté, mais aussi la société américaine en général. Ce qui était important également dans le discours de mon frère est que c’était la première fois qu’un politicien latin racontait, sur une si grande scène, l’histoire des latinos venus au pays.
Vous faites partie d’une nouvelle génération de leaders latinos qui ont une éducation exemplaire et qui possèdent un poste dans la fonction publique. Comment voyez-vous votre rôle auprès des jeunes latinos?
Le rôle le plus important que nous pouvons jouer est celui d’exemple pour les jeunes, en montrant ce qu’il est possible d’accomplir. Les gens veulent aller à Havard ou à Yale, ou devenir un acteur, et j’ai réalisé à quel point il est important d’avoir un modèle qui a réussi là où vous voulez percer, surtout lorsqu’il s’agit de quelqu’un de sa propre communauté. Quand je parle à des jeunes du secondaire, je leur dis de croire en eux et de s’entourer de gens qui croient aussi en eux. C’est également mon conseil pour les jeunes latinos. Certains des meilleurs élèves fixent leur objectif plus bas qu’ils le devraient. J’essaie de leur faire réaliser qu’ils font partie des meilleurs. Lors de ma deuxième journée à l’école de droit de Havard, j’ai regardé autour de moi, et j’ai réalisé que j’étais le seul latino dans la salle de classe. Ça m’a rendu triste, mais j’ai réalisé que si d’autres élèves de mon école secondaire s’étaient retrouvés avec moi à Havard, ils auraient réussi aussi bien que moi, ou même mieux.