L’humour comme soutien aux immigrants?
L’humour serait plus susceptible de rejoindre les jeunes immigrants que les téléséries ou les médias traditionnels.
En se demandant si les médias avaient toujours la possibilité de créer un sentiment d’appartenance des populations immigrantes envers une communauté, deux chercheurs de l’UQAM ont été surpris par cette piste.
Josianne Millette, coordonnatrice du Groupe de recherche et observatoire des usages et cultures médiatiques (GRM), et Serge Proulx, professeur titulaire à l’École de médias, ont interrogé 35 jeunes québécois âgés entre 18 et 25 ans issus de l’immigration, ainsi que des Québécois «de souche», et ils ont présenté les résultats de leur étude dans un symposium intitulé «Médias et transnationalité», qui avait lieu mercredi à l’UQAM. Et à leur grande surprise, l’humour est ressorti très souvent quand ils leur ont demandé quel genre de média ils consommaient.
«Même les quelques personnes qui étaient très peu intéressées par les médias québécois, que ce soit les téléromans ou les journaux télévisés, mentionnaient des extraits de galas, qu’ils regardaient sur Youtube, par exemple», affirme Josianne Millette.
L’étudiante au doctorat en communication précise que ce n’est qu’une piste, et que cela n’était pas le sujet principal de sa recherche. Mais elle croit que cette observation n’est pas étrangère au fait qu’on retrouve beaucoup d’humoristes d’origines diverses, au Québec.
Pour Jean-Claude Lasry, professeur au département de psychologie de l’Université de Montréal, et spécialisé en psychologie interculturelle, cet intérêt pour les humoristes vient du fait que ceux-ci se moquent de la société québécoise.
«Ils se moquent des travers des gens, des politiciens, et cela intéresse le jeune immigrant, qui se sent souvent tiraillé entre la culture d’origine de ses parents et la culture d’accueil, explique-t-il. Parce que la culture d’accueil, c’est aussi faire le deuil du paradis perdu de son enfance.»