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La taxation menace la viabilité du transport aérien 

Photo: Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) s’inquiète du niveau de taxation qu’impose l’État dans l’industrie du transport aérien.

En marge de Conférence mondiale de transport, l’OACI et l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) ont uni leurs voix, lundi, pour demander aux gouvernements à travers le monde de réduire les taxes et de privilégier les redevances.

En plus de fragiliser l’industrie du transport aérien, déjà bancale selon les deux organismes, ces imposantes taxes risquent de réduire l’accessibilité aux passagers, craignent-ils.

Le secrétaire général de l’OACI, Raymond Benjamin, souligne que l’ensemble des compagnies aériennes du monde ont obtenu un retour sur investissement assez minime l’an dernier, soit 0,6%.

«En tant que passager, vous payez une multitude de taxes, explique M. Benjamin. Certaines sont justifiées, pour payer le personnel des contrôles de sécurité par exemple, mais beaucoup d’autres ne le sont pas. Ces taxes doivent servir à réinvestir dans l’industrie: pour améliorer les pistes d’atterrissage ou les infrastructures aéroportuaires, par exemple.»

Mais M. Benjamin estime que la majorité des taxes perçues par le gouvernement retourne plutôt dans les coffres de l’État.

Le président du Conseil national des lignes aériennes, George Petsikas, estime que l’industrie canadienne du transport aérien est l’une des plus taxées au monde, ce qui mine la compétitivité entre les différentes compagnies aériennes. Les taxes les plus élevées sont, entre autres, la taxe sur la sécurité aérienne et la taxe foncière de l’aéroport, qui font gonfler le prix des billets.

«Chaque année, on estime qu’il y a 5,5 millions de passagers qui choisissent de prendre leur voiture pour traverser la frontière américaine et aller prendre l’avion à Plattsburg ou Burlington, par exemple, parce que les taxes y sont moindres», a-t-il affirmé en entrevue à Métro.

M. Petsikas croit que cette surtaxe entrave non seulement la croissance économique du secteur, mais nuit carrément au développement économique du pays.

Selon l’OACI, environ trois milliards de passagers sont transportés par avion dans le monde à chaque année. Et ce nombre devrait doubler d’ici 2030, ce qui nécessiterait un investissement de 135G$, estime l’organisation. Raymond Benjamin en conclut que les taxes continueront leur ascension, alors que les compagnies aériennes ont un bilan financier assez fragile.

À moyen terme, il pourrait donc être difficile pour M. et Mme Tout-le-monde de pouvoir s’offrir un billet d’avion. C’est ce que dénoncent l’OACI et l’OMT.

Les deux organisations ont toutefois bon espoir de pouvoir discuter avec les représentants de nombreux gouvernements présents à la conférence, qui se tient jusqu’à vendredi à Montréal.

Le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, n’a pas retourné les appels de Métro à ce sujet.

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