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Hôpital Sacré-CÅ“ur: Les syndiqués redoutent la privatisation

La volonté de l’hôpital Sacré-CÅ“ur de déléguer pendant cinq ans ses chirurgies d’un jour à une clinique privée fait craindre le pire aux syndicats qui représentent les employés de l’institution, qui y voit l’amorce d’un déclin du secteur public.

À quelques heures de la fermeture de l’appel d’offres lancé par le Sacré-CÅ“ur le 18 mars, les syndicats ont demandé au ministre de la San­té, Yves Bolduc, d’intervenir.

«Nous voulons que le ministre de la Santé interpelle la direction de l’hôpital afin de l’inciter à trouver une solution qui permettrait aux opérations de se tenir à Sacré-CÅ“ur», a expliqué en point de presse, hier, Gaétan Châteauneuf, président du Conseil central du Montréal-Métro­politain de la CSN.

L’hôpital Sacré-CÅ“ur fait faire, depuis 2008, des chirurgies aux cataractes, aux genoux et aux hanches à la clinique Rockland MD. Pour le moment, la loi ne permet pas que d’autres types de chirurgies soient réalisés dans des cliniques privées. Un amendement à la Loi 33 pourrait toutefois permettre au secteur privé de se charger d’une cinquantaine d’autres chirurgies.

L’appel d’offres du Sacré-CÅ“ur précise d’ailleurs que les cliniques qui souhaitent soumettre une proposition doivent être en mesure de réaliser quelque 450 chirurgies dites d’un jour.

«Nous avons inclus dans l’appel de propositions toutes les chirurgies qui pourraient se faire à l’extérieur de l’hôpital, a expliqué la coordonnatrice des communications de Sacré-CÅ“ur, Josée-Michelle Simard. Ça ne veut pas dire qu’elles seront toutes faites par la clinique choisie, tout ça devra être soumis à l’approbation du ministère de la Santé.»

Les syndicats craignent qu’un tel recours aux cliniques spécialisées prive le secteur public de l’expertise de ses médecins.

Pallier la pénurie
Sacré-CÅ“ur justifie son choix de se tourner vers des cliniques privées par le manque de personnel infirmier dont souffre l’hôpital. Les syndicats des employés réfutent cet argument.

Francine Lévesque, présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux, assure que pour les 10 premières périodes de 2008-2009 (une période correspond à 28 jours), seulement 4 % des annulations de chirurgies ont été dues à un manque de ressources humaines.

«Ce sont des problèmes dans l’organisation du travail qui expliquent pourquoi les salles d’opération ne sont pas utilisées au maximum», a déclaré Mme Lévesque.

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