Les cimetières à l'honneur au Musée du Château Dufresne
Le Musée du Château Dufresne a lancé hier une nouvelle exposition sur l’histoire québécoise des cimetières, des rites et de l’art funéraires. Intitulée Le patrimoine funéraire, un héritage pour les vivants, elle présentera principalement le patrimoine religieux français et catholique depuis la Nouvelle-France. Une série de conférences sur les rites des autres religions viendront complémenter l’exposition. Le directeur général du musée, Paul Labonne, s’est entretenu avec Métro pour discuter de l’événement.
Quelle est l’idée de départ de cette exposition?
Le cinéaste et photographe François Brault m’a raconté qu’il préparait un ouvrage sur les cimetières. Quand j’ai reçu son livre, je lui ai dit qu’il fallait faire une exposition. En plus de ses photos, nous avons ajouté une section sur les rites funéraires et une autre sur l’art funéraire. La majorité des objets présentés date du XIXe et du XXe siècle.
Est-ce que notre rapport à la mort est différent aujourd’hui de ce qu’il était auparavant?
Nous avons perdu beaucoup de rites funéraires. Une majorité des gens essaient de passer rapidement sur le deuil parce que c’est quelque chose de difficile à vivre. Nos ancêtres prenaient le temps de faire les choses. La communauté allait se recueillir dans les maisons pour la veillée du défunt, ce qui pouvait durer trois ou quatre jours.
Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans l’étude des rites funéraires d’antan?
En tant que société laïque, c’est intéressant de redécouvrir ce patrimoine parce que ce sont d’autres références. Quand on essaie de comprendre nos ancêtres, on entre dans un autre univers. Au début de la Nouvelle-France, on n’enterrait même pas les morts. On mettait les défunts sous le plancher de l’église. Vous pouvez imaginer les problèmes d’hygiène provoqués par les corps en décomposition… Ils ont ensuite transféré les cimetières à côté des l’églises. Puis, à cause des épidémies de choléra, ils les ont déplacés plus loin des lieux de culte.
Le patrimoine funéraire, un héritage pour les vivants, Musée du Château Dufresne, 2929, avenue Jeanne-D’Arc. www.chateaudufresne.com