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Premiers sourires entre Téhéran et Washington

Photo: Getty

Barack Obama a souvent manqué de courage en politique internationale. Plus maintenant. À preuve, sa conversation téléphonique de 15 minutes vendredi avec Hassan Rohani.

Le président américain aurait cependant pu être moins timoré et serrer carrément la main au leader iranien, comme l’a fait son homologue français François Hollande à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Il aurait même pu prendre l’initiative de donner le coup de fil à Rohani. Il aurait pu…

Obama a quand même franchi le Rubicon, au grand dam des faucons républicains et du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Ils ont toujours vu dans les «ouvertures» iraniennes un «piège» pour mieux tromper le «Grand Satan», les États-Unis, et se doter d’un arsenal nucléaire.

Un peu comme la Corée du Nord qui, après avoir promis de tuer dans l’œuf son programme nucléaire, a fini par se doter d’armes atomiques. Pour eux, Rohani est tout simplement «un loup déguisé en agneau».

Obama, lui, a choisi de ne pas faire la grimace à la diplomatie souriante de Rohani. Lui tourner le dos donnerait des munitions aux purs et durs de Téhéran, opposés à la moindre ouverture à l’égard de l’Occident.

Alors, quelle lecture faire de l’entretien téléphonique «historique» entre Obama et Rohani?

D’origine iranienne, Houchang Hassan-Yari, professeur au Collège militaire royal de Kingston, est optimiste.

«Ce qui vient de se passer à New York est un coup très important qui pourrait, même à moyen terme, conduire à deux développements majeurs : un règlement de la crise nucléaire iranienne et le début de la fin des sanctions contre Téhéran; un vrai dégel des relations bilatérales. Ces développements auront des conséquences importantes pour l’ensemble du Moyen-Orient.» (échange de courriel)

La normalisation n’est sans doute pas pour demain. Mais, comme avec le dossier syrien, Obama veut donner un élan à la diplomatie. Cela ne lui coûte rien. Tout est mieux que l’option va-t-en-guerre.

Son objectif premier est de ne pas replonger Washington dans les interminables conflits proche-orientaux.

Ce qu’il veut à tout prix, c’est axer sa diplomatie sur l’Asie, où se joue, dit-on, l’avenir économique du monde.

En attendant, sans s’enthousiasmer trop vite, peut-être réussira-t-il à réchauffer les relations glaciales avec Téhéran.

Si Rohani fait preuve de ruse diplomatique, Obama pourra alors facilement accentuer les sanctions financières qui font déjà très mal à l’économie iranienne. Il n’a rien à perdre en répondant aux sourires de son homologue iranien.

Allô! Les coups de fil pourraient être fréquents entre Téhéran et Washington.

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