Cirque: sortie en boîte avec Hans Was Heiri
C’est indéniable : ils sont talentueux, les Suisses qui ont offert mardi soir à la TOHU la première montréalaise de Hans Was Heiri. Talentueux et polyvalents. Ils dansent, ils se contorsionnent, ils «yodèlent», ils jouent la comédie, et leurs performances sont réglées au quart de tour… Comme une montre suisse. De nombreuses bonnes idées ponctuent l’heure et demie que dure le spectacle signé Zimmermann & de Perrot.
C’est notamment le cas de cette fameuse grosse boîte compartimentée autour de laquelle s’organisent plusieurs des meilleurs numéros – un gros cube tournant alors que les acrobates, à l’intérieur, déploient des trésors d’imagination pour ne pas perdre l’équilibre. Aussi impressionnant qu’innovateur et porteur de sens, quand on sait que la prémisse du spectacle est que ces hommes et ces femmes tentent de «s’adapter à un univers instable sans perdre pied».
Là où le bât blesse, c’est que, faute de suivre un fil conducteur, les artistes s’empêtrent parfois dans des moments de cabotinage qui s’étirent inutilement et font en sorte que le spectacle s’essouffle et que le spectateur n’est plus aussi captivé. On a parfois l’impression de voir une bande d’enfants ayant de l’énergie à revendre – ce qui peut être rafraîchissant, mais ne doit pas s’éterniser, car cela donne souvent une impression de remplissage.
Mais comme on le mentionnait plus tôt, Hans Was Heiri n’est toutefois pas dénué de numéros très amusants, comme ce pseudo-cours de yoga donné par un professeur absolument survolté, dans la structure pivotante en mouvement, qui nous a arraché plus d’un rire. On est aussi tombé sous le charme d’un numéro plus feutré, durant lequel, accompagné du DJ (l’un des éléments forts du spectacle), un des artistes offre une interprétation étonnamment puissante de Calling You, la chanson-thème de Bagdad Café. À en donner des frissons.
Bref, on alterne entre moments forts et baisse de régime, et le souvenir global qu’on garde de Hans Was Heiri est en fin de compte positif – surtout en raison des fantastiques interprètes –, mais l’aurait été encore davantage s’il avait été juste un peu plus resserré.
Hans Was Heiri
À la TOHU
Jusqu’au 13 octobre