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L’application qui sauve des vies

Photo: The Associated Press

Ma2too3a. Non, il ne s’agit pas d’une erreur de frappe mais bien d’une application signalant sur un téléphone intelligent les quartiers de Beyrouth à éviter lors d’un attentat comme celui de mercredi qui a fait 23 morts devant l’ambassade iranienne.

Presque entièrement reconstruite depuis la guerre civile (1975-1990), la capitale libanaise est située dans l’épicentre de tous les conflits et de toutes les crises politiques du Moyen-Orient. Tiraillée entre chrétiens, sunnites et chiites, la ville (20 fois plus petite que Montréal) vit constamment dans la crainte de la prochaine explosion.

Entre la psychose et la paranoïa, il y a l’application Ma2too3a (ou Happin) qui rassure. Depuis que Mohammad Taha l’a lancée en août 2012, elle a été téléchargée plus de 100 000 fois. Les jours d’attentat, c’est l’«embouteillage». Taha aimerait bien que son application serve uniquement aux congestions routières, mais Beyrouth, plus que jamais, vit sur un volcan, avec la guerre civile en Syrie.

D’ailleurs, bientôt une autre «app» va voir le jour : Way to Safety. Elle permettra de localiser explosions et tirs de toutes sortes dans ce pays à peine plus grand que l’île d’Anticosti.

En attendant, l’armée a sa propre application, LAF Shield, grâce à laquelle les citoyens lui envoient vidéos et photos de véhicules et d’objets suspects. Pour ne pas être «ciblés», certains automobilistes affichent ceci, en se garant, sur leur pare-brise : «Ce véhicule n’est pas piégé.»

Le Liban, sans gouvernement depuis huit mois, est de plus en plus happé par le conflit syrien. Tripoli, la grande ville du Nord, s’est transformée en une «Damas miniature». Les affrontements sont quotidiens entre, d’un côté, les rebelles syriens, et de l’autre, les Libanais pour ou contre le régime de Bachar al-Assad.

À cela s’ajoute le flot incessant des réfugiés syriens. Ils seraient déjà plus d’un million, dans un pays comptant quatre millions d’âmes. Majoritairement sunnites, leur présence menace le fragile équilibre communautaire du pays du Cèdre.

À tout moment, il risque de basculer dans la guerre civile. Cette fois, le conflit opposera sunnites et chiites. Une guerre «à l’irakienne». Elle a déjà commencé sur les réseaux sociaux, où les affrontements virtuels entre les deux branches de l’islam sont nombreux.

Heureusement, la résistance contre les discours sectaires est forte sur la Toile, et dans un pays où plus du tiers des Libanais possèdent un téléphone intelligent, les applications se multiplient pour éviter les bombes et rester en vie.

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