C.O.G. : gravir les échelons à sa façon
L’acteur Jonathan Groff campe un jeune David Sedaris dans la comédie décapante C.O.G., présentée en clôture du festival image+nation.
Ceux qui se prêtent au jeu en sont bien conscients: le timing est un élément clé pour toute étoile montante d’Hollywood. Pour Jonathan Groff, cet alignement des astres hors du commun approche à grands pas. L’acteur de 28 ans s’est surtout fait connaître du grand public en prêtant ses traits à Jesse St. James, tête dirigeante délectablement ratoureuse d’une chorale rivale dans Glee, après avoir foulé les planches de Broadway dans la très acclamée comédie musicale Spring Awakening (en compagnie de sa grande amie Lea Michele).
Voilà qu’en l’espace de quelques mois, trois de ses plus gros projets prennent successivement l’affiche: d’abord Frozen, conte animé à grand déploiement de Disney, puis Looking, télésérie très attendue de HBO se penchant sur les aléas romantiques et professionnels de trois jeunes amis gais habitant San Francisco, et finalement The Normal Heart, adaptation de la célèbre pièce autobiographique de Larry Kramer retraçant les combats de première heure d’un groupe d’activistes new-yorkais à la suite de l’apparition du sida (avec une distribution comprenant Julie Roberts et Mark Ruffalo). Et c’est sans parler de C.O.G., comédie noire décapante présentée en clôture du festival image+nation ce dimanche.
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Dans cette première adaptation cinématographique d’une nouvelle de David Sedaris, publiée dans son recueil Naked (1997), Groff interprète le rôle (semi-autobiographique) du célèbre auteur carburant à l’autodérision. L’action se déroule alors qu’il termine ses études à Yale et qu’il se lance dans une quête identitaire qui le mène à l’autre bout du pays. Digne d’un Kerouac mieux nanti et plus prétentieux, le personnage de Sedaris découvre l’Amérique de Joe le plombier, bossant au passage dans des usines et autres champs de pommes. Il se voit vite confronté à des chrétiens évangélistes, des travailleurs étrangers sans le sou et des gars aux fantasmes troublants qui l’amèneront à remettre en question son rapport à la religion, son orientation sexuelle et son existence cossue.
Groff avoue d’emblée avoir eu des réserves quant au personnage, vu la teneur autobiographique du récit. «Quand j’ai lu le scénario, j’ai trouvé l’histoire rocambolesque et pleine d’humour noir, mais parce que je savais que c’était tiré d’une nouvelle de Sedaris, j’entendais sans cesse sa voix à la lecture du scénario… et je suis incapable de faire une imitation passable de Sedaris!, nous dit l’acteur lorsqu’on le joint à New York. Mais après avoir rencontré [le réalisateur Kyle Patrick Alvarez], qui connaissait bien mon travail, il m’a assuré vouloir éviter le piège de l’imitation caricaturale, préférant plutôt raconter cette histoire sans pour autant la rattacher de façon très délibérée à David. Kyle m’a donné la piqûre en quelques minutes!»
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C.O.G.
Au Cinéma impérial
Dimanche à 19 h 30
Festival image+nation