Le nouveau toit vert québécois: Un jardin en bacs
Sur le toit du Centre de santé Reine-Elizabeth, dans l’ouest de la ville, on cultive un jardin potager durant la belle saison. Plus de 250 bacs y ont été installés, dans lesquels on fait pousser des tomates, des poireaux, des poivrons, des aubergines… et même des bananiers.
«C’est notre réponse à la problématique du toit vert au Québec», déclare fièrement Yves Perrier, expert-conseil en bâtiments écologiques. Les toits verts ou toits végétalisés poussent depuis une quinzaine d’années dans les grandes villes, mais encore très peu au Québec. Pourtant, leurs avantages bien sont connus : réduction de la chaleur, absorption d’eau de pluie, de CO2, dépollution de l’air…
Contraintes climatiques et architecturales
C’est notamment en raisons de contraintes d’architecture que le procédé met plus de temps à s’implanter ici. «Le problème dans une ville comme Montréal, c’est que la plupart des toitures existantes ne sont pas conçues pour supporter une surface végétalisée classique», explique Yves Perrier. En effet, la résistance des toits est calculée au plus juste pour supporter la neige, ce qui représente jusqu’à 50 livres par pied carré de surface. «C’est insuffisant si l’on veut rajouter par-dessus 2 ou 3 pouces de terreau», souligne l’expert.
Autre raison : le climat. La plupart des toitures au Québec sont en bois; elles sont en outre bien isolées et ventilées. «Conséquence : en hiver, nous avons un terreau trop froid à cause de l’entretoit ventilé. Et en été, on constate un réchauffement très important du terreau et un plus grand besoin d’eau», commente Yves Perrier. Les économies sur le chauffage ou la climatisation réalisées avec ce procédé sont donc moindres ici qu’aux États-Unis ou qu’en Europe.
La culture en bacs
En raison des nombreuses contraintes que présente la réalisation de toits verts, on a imaginé une nouvelle approche, la culture en bacs.Un biologiste d’ici, Marc-André Valiquette, a mis au point le système Biotop, une méthode de culture en bacs qui permet de produire une grande variété de plantes et de produits frais sur une très petite surface et pour un faible poids. La solution idéale pour faire de la culture sur toit.
«C’est encore mieux qu’un toit végétalisé, se félicite Yves Perrier. On a tous les avantages du toit vert, plus une production importante de nourriture locale.» Les fruits et les légumes qui poussent sur le toit du Centre de santé Reine-Elizabeth constituent la première grande réalisation d’agriculture urbaine sur toit. Depuis, d’autres ont commencé à pousser au Québec.