Les concours de design est un «sujet clos» pour Québec
Les modifications à la Loi sur les cités et villes pour permettre à la Ville de Montréal d’organiser des concours de design sans dispense préalable au ministère est une «sujet clos» pour le ministère des Affaires municipales.
C’est ce qu’a appris Métro auprès du ministère des Affaires municipales.
«Le ministère ne travaille pas du tout sur ce dossier et nous n’avons pas eu de discussions avec la Ville depuis 2012. Je ne dis pas que les discussions ne pourraient jamais reprendre, mais on considère ce dossier comme étant fermé», a affirmé Émilie Lord, porte-parole auprès des médias pour le ministère des Affaires municipales.
Plus tôt cette semaine, Chantal Rouleau, mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles et l’une des instigatrices du concours de design de la plage de l’Est, affirmait pourtant à Métro que les discussions entre le Bureau du design de la Ville et Québec «sont positives» depuis trois ans. Elle affirmait également que des modifications pourraient avoir lieu «prochainement», sans donner plus de détails.
Contactée à nouveau mercredi par Métro, Mme Rouleau s’est dite surprise par le statut du dossier au ministère. «Les services [du Bureau du design de la Ville de Montréal] me disent que les discussions ont toujours lieu en présence du [service juridique]», soutient Mme Rouleau.
Si les discussions ont achoppé, la Ville ne devait que réaffirmer sa volonté politique pour qu’elles se poursuivent, a conclu Mme Rouleau. Elle avait effectivement réitéré sa demande de modification à la loi lors d’une conférence de presse, lundi.
Le Bureau du design de la Ville de Montréal n’a pas retourné nos appels.
Actuellement, l’organisation d’un concours de design par la Ville de Montréal pour l’octroi d’un contrat de gré à gré nécessite la demande systématique d’une dispense au ministère des Affaires municipales. De fait, la règle du plus bas soumissionnaire doit normalement être appliquée pour l’octroi de contrats publics. Les modifications à la Loi sur les cités et villes permettraient à la Ville l’organisation de ces concours sans demande de dispense au préalable.
«Ces demandes de dispense demandent un processus administratif assez complexe et très long. Les délais de 2 à 6 mois nécessaires peuvent parfois même compromettre certains projets», déplore Mme Rouleau.
Mme Rouleau estime que ces concours de design leur permettre de sélectionner des projets respectant leurs exigences, tout en ne dépassant pas l’enveloppe budgétaire soumise aux concurrents.
Franco Ruccolo, architecte associé chez Ruccolo + Faubert architectes inc, l’une des firmes lauréate du concours de design de la plage de l’Est, estime que ces concours de design leur offre une liberté de travail rarement expérimentée.
«Ces concours nous donnent l’occasion de donner notre opinion et notre vision de l’architecture sans interférence», mentionne l’architecte, expliquant que les clients privés font souvent des commandes calquées sur des modèles externes. La possibilité d’être sélectionné pour la qualité de leur travail et non pour leur budget est également une belle opportunité, selon M. Ruccolo.