De nombreux bâtiments historiques à Montréal-Nord
L’arrondissement Montréal-Nord, un vaste territoire résidentiel et industriel, se déploie sur une superficie de 11,07 kilomètres carrés au sud de la rivière des Prairies, au nord (évidemment) de la ville de Montréal. La voie ferrée du Canadien National est la limité sud de l’arrondissement, la ruer J-J Gagné est la limite ouest et le boulevard Albert-Hudon est sa « frontière » est.
Le boulevard Gouin est l’artère la plus longue (50 kilomètres) et l’une des plus anciennes de la ville. En effet, les premiers colons s’y établissent vers la fin du XVIIe siècle sur un chemin tracé par les pères de la mission du Sault-au-Récollet.
Le long du boulevard, on trouve une grande concentration de bâtiments historiques, dont la maison Drouin-Xénos (appelée aussi Maison Andegrave, située au 5460, boulevard Gouin), érigée entre 1741 et 1742 et classée monument historique en 1970, ou la Maison de L’Archevêque (au 4065, boulevard Gouin) ou encore la maison François Dagenais située au n° 1947 de ce même boulevard, ou la Maison Cazal sise au 4765, boul. Gouin Est.
Le boulevard Gouin comprend plusieurs autres maisons campagnardes et de villégiature d’un grand intérêt patrimonial, datant du XIXe siècle, notamment entre l’avenue des Récollets et la rue Pigeon. On peut observer de beaux paysages autour de la rivière des Prairies, le pont Pie-IX ou encore l’ancien village de Saint-Vincent-de-Paul qui fait partie de Laval. Autrefois, un traversier reliait l’île de Montréal à Saint-Vincent-de-Paul à cette hauteur et on trouvait une zone de villégiature cossue autour de l’église Sainte-Gertrude.
Force est de remarquer cette petite section de l’avenue de l’Archevêque (entre le boulevard Gouin et la rue Albert-Brosseau) avec son atmosphère de bourg, très particulière dans cette partie de l’arrondissement de Montréal-Nord. On y retrouve des maisons urbaines à un ou deux étages du XIXe siècle ainsi que des constructions de la première moitié du XXe siècle.
Certains historiens sont d’avis que Jacques Cartier est parvenu à Hochelaga en empruntant la rivière des Prairies par une voie de canotage qui lui aurait été montrée par les autochtones. Ces scientifiques affirment que des preuves graphiques, soit des gravures de l’époque confirment le fait, présentant le relief propre à Montréal-Nord. D’ailleurs, on peut citer Samuel de Champlain qui dit que Cartier a en effet débarqué à Grand Sault saint Louis (Sault-aux-Récolettes) (sic).
L’évangélisation
C’est en 1681 que le père Vachon de Belmont, né en France en 1645, expert en construction de forts militaires, parvient sur l’île de Montréal. Il évangélise les populations de la Mission de la Montagne, créée vers 1675 à l’emplacement actuel du Collège de Montréal (rue Sherbrooke, près du métro Atwater), et il constate le besoin de pourvoir la mission d’un fort pour la protéger. On sait qu’en 1683 la mission comptait plus de 200 Amérindiens qui vivaient dans 26 cabanes. Vachon de Belmont commence en 1685 la construction, à ses frais, du Fort Belmont. Ce fort a quatre bastions, une palissade et des remparts.
En 1697, Vachon de Belmont (déjà connu des Iroquois sous le sobriquet de Soutane de fer ou Robe de fer) procède à l’évangélisation des autochtones au Sault-au-Récollet, où il fait ériger un fort semblable au Fort Belmont, baptisé Fort Lorette Le site choisi par Vachon de Belmont se trouvait sur le parcours de canotage des Iroquois et c’était alors leur point d’entrée sur l’île. Outre sa fonction militaire qui assurait une présence française sur la rivière des Prairies, le fort devait devenir le siège « culturel et d’enseignement » de la mission. On y fournissait hébergement, nourriture et « sécurité » pour les autochtones convertis au christianisme.
Au fil des ans, on y construisit l’église de Notre-Dame de la Lorette, la maison des missionnaires, la maison des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, ainsi qu’une bâtisse qui semble avoir été un dépôt pour les produits apportés par des fermiers.
Au XVIIIe siècle, le Fort Lorette fut utilisé comme centre de détention des prisonniers anglais. Le prisonnier le plus connu du Fort Lorette est peut-être Matthias Farnsworth, plus connu sous le nom de Claude-Matthias Faneuf, captif au Fort Lorette vers la fin du XVIIe siècle. Après sa libération, il choisit de demeurer à la mission du Sault-au-Récollet pour l’amour de la belle Catherine Charpentier.
En 1704, alors qu’il était âgé de 14 ans, Matthias Farnsworth a été enlevé par des Amérindiens de Sault-au-Récollet pendant une expédition franco-amérindienne contre les
colons de la Nouvelle-Angleterre. Deux ans plus tard, il a été racheté par le sulpicien François Vachon de Belmont. La même année, il a été baptisé sous le nom de Claude-
Mathias Farneth, puis il a adopté le nom de Faneuf à son mariage. Ce n’est qu’en 1755, après plusieurs transformations, qu’on a vu apparaître le nom Phaneuf, avec l’orthographe qu’on connaît aujourd’hui. Catherine Charpentier, fille de Jean Charpentier et de Françoise Huneau, est née vers 1692. Son mariage avec Mathias a eu lieu à Rivière-des-Prairies en 1717. Ils ont eu 12 enfants, dont six garçons qui ont perpétué la lignée. La famille s’est installée à Saint-Antoine-sur- Richelieu en 1764.