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Des insectes dans l'assiette

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Qu’est-ce qu’on mange pour souper? Et si la réponse était une fricassée de sauterelles, sauce au vin, un sauté de ténébrions ou des croquettes de scorpion? Alors que plusieurs sont rebutés par l’idée de consommer des insectes, d’autres entrevoient cette perspective comme une révolution alimentaire. L’Insectarium de Montréal accueillera le premier congrès international de l’entomophagie en Amérique du Nord, à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation.

L’événement Innovation alimentaire : l’entomophagie à travers l’art, la culture, la science et les affaires, organisé par le Future Food Salon Group, se tiendra du 26 au 28 août 2014.

« Au fil des ans, l’insectarium a développé un certain savoir en entomophagie. On croit vraiment que c’est une voie pour diminuer notre empreinte écologique dans notre façon de produire des aliments. C’est une avenue intéressante pour la sécurité alimentaire de la planète et on veut profiter d’une conférence internationale pour faire avancer les pratiques », indique Anne Charpentier, directrice de l’Insectarium de Montréal.

Les bébittes constituent une source durable de protéines nutritives et leur élevage requiert moins d’eau, moins d’espace et moins d’émissions de gaz à effet de serre que celui du bétail. Elles sont également riches en oméga-3 et en minéraux essentiels, tout en ayant une faible teneur en cholestérol.

Chaque année, près de deux milliards de personnes se nourrissent d’insectes, principalement en Amérique latine, en Asie et en Afrique.

« C’est vraiment une question de culture et de goût pour les Occidentaux. Pour faire en sorte que notre intérêt se développe, il y a différentes façons de les apprêter et de les présenter. Ça peut passer par des farines ou des pâtes faites à base d’insectes. On n’est pas obligé de les manger en entier », fait valoir Mme Charpentier.

Travail de fourmi pour développer l’industrie

Pour développer l’industrie de l’entomophagie, le milieu doit se pencher sur les questions d’élevage, de recherche, de promotion, de distribution, de préparation culinaire et de commercialisation.

«Il faut faire attention de ne pas répéter les erreurs qui ont été faites avec d’autres espèces. Il ne faut pas briser l’équilibre des écosystèmes. Il faut trouver des espèces propices à l’élevage.

« Il existe des fermes d’élevage au Québec, mais elles sont dédiées à la production alimentaire pour les animaux de compagnie. Il faudrait quelques ajustements pour que ces fermes soient conformes aux normes du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, pour respecter les critères de salubrité », explique-t-elle.

Mme Charpentier soulève aussi que ces produits doivent être attrayants pour le consommateur, d’où l’importance de la mise en marché et du marketing.

Les contributeurs intéressés à participer à cet événement sont invités à soumettre des propositions de présentations jusqu’au 31 janvier 2014. Différents volets de l’entomophagie pourront alors être abordés : la recherche scientifique et sociale, la mobilisation du public, l’élevage, le financement et la commercialisation par des chefs de file émergents de l’industrie. Renseignements : eatinginnovation.com

Pour en savoir plus:

Un marché pour les bébittes?

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