Un mécène pour des basketteurs
« Lorsque j’étais jeune, une année après avoir terminé mes études secondaires, j’ai eu la chance de participer à un repêchage de la NBA. Ç’a changé ma vie. Mon rêve de jouer dans la NBA est devenu plus tangible que ce qu’il était avant. Je me suis dit que si j’avais eu l’opportunité, pendant mon adolescence, de voir un match en personne ou même d’assister à des séances de repêchage, ç’aurait changé ma vision et mon approche du basketball », raconte M. Lindor.
C’est alors qu’il a décidé de donner cette opportunité à des jeunes de son ancienne équipe. En 2013, il a invité des élèves à une partie des Raptors de Toronto. En février dernier, une dizaine de jeunes de la première à la cinquième secondaire ont voyagé jusqu’à New York où ils ont assisté à une partie de la NBA et rencontré des joueurs professionnels.
Le transport, l’hébergement, les repas, les billets pour le match; tous les coûts rattachés à ce voyage ont été payés par M. Lindor, et un autre ancien de Basket-Pagé, Samuel Dalembert, désormais joueur professionnel chez les Mavericks de Dallas. Cette année, ils se sont partagé une facture de plus de 12 000 $.
« Ça vient entièrement de fonds privés. C’est beaucoup d’argent, mais j’ai la chance de bien gagner ma vie. Je veux redonner à ces jeunes », souligne celui qui a joué professionnellement en Europe.
Pour les plus travaillants
Ce cadeau n’est pas offert à tous les jeunes du programme de Basket-Pagé. Seulement ceux qui répondent aux conditions ont la chance d’y participer.
« Les jeunes doivent répondre à des critères, soit la réussite dans leurs études ainsi que sur le terrain et le respect. S’ils ont un échec dans une matière ou qu’ils ont une attitude négative, ils ne pourront pas venir. Ce n’est pas un droit, mais une reconnaissance », indique M. Lindor.
Plusieurs des élèves ayant participé au voyage ont admis que cette opportunité a été leur élément motivateur durant l’année scolaire.
« Ça m’a inspiré dans mes études, mais aussi dans mon sport. Je suis fière de moi, car je suis la seule fille à y avoir participé », souligne Jennifer Damoah.
« Pendant les moments difficiles, ça m’a encouragé à travailler plus fort et d’aller à mes récupérations », ajoute Florian Fwamba, 14 ans.
Passer le flambeau
Les deux mécènes n’organiseront pas cette opportunité pendant toute leur vie. Ils souhaitent qu’un jour d’autres anciens élèves reprennent le flambeau.
« C’est un projet sur dix ans. Nous voulons que des joueurs actuels de l’école décident de reprendre les rênes, soit du programme de basket ou même du voyage. Nous voulons leur transmettre ce rêve et qu’ils le fassent vivre.
« Nous voulons aussi enrayer la mauvaise réputation de l’école secondaire Lucien-Pagé et prouver qu’il est possible de réussir, peu importe le domaine », affirme-t-il.
Un projet qui pourrait bien se concrétiser, car de nombreux élèves ont mentionné l’importance de donner à son prochain.
« Il faut redonner à ceux qui nous ont guidés. Thierry et Samuel m’ont montré ce que c’était que d’avoir une famille et comment être une bonne personne. J’ai appris qu’il vaut mieux donner que recevoir. C’est extraordinaire ce qu’ils nous ont apporté. Ils m’ont montré la voie vers ce que je veux faire plus tard. C’est sûr que je vais redonner aux jeunes quand je serai adulte », soutient Munkhbat Enkhmunkh, 17 ans.
« J’ai appris que même si tu es riche, tu n’oublies jamais d’où tu viens. Tu deviens un exemple et tu redonnes aux autres. C’est quelque chose que je veux faire plus tard », laisse savoir Elijah Ifejeh, 16 ans.
« Thierry et Samuel m’ont montré à être reconnaissants dans la vie. Chaque petit geste peut aider la société. Je voudrais, un jour, être capable de réussir dans la vie, autant dans le basketball que d’être capable de redonner aux autres », poursuit Samuel Chaput, 15 ans.