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Réseau blanc : paralysé par la neige

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Chaque hiver, des centaines de cyclistes bravent le froid, la glace et la neige en enfourchant leur monture. Alors que le Réseau blanc tarde à se déployer, le Progrès Villeray – Parc-Extension s’est questionné sur l’état et l’entretien du réseau cyclable, en saison froide.

Selon Suzane Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec, « chaque année, la situation s’améliore un peu ». Certains détails restent néanmoins à travailler pour qu’il y ait « un réel cœur cyclable à Montréal ».

Si les pistes en site propre sont habituellement bien déneigées, les bandes cyclables, elles, sont littéralement impraticables, déplore-t-elle.

« Les bandes cyclables, qui se trouvent dans les rues, sont, en principe, déneigées en même temps que celles-ci. Toutefois, le problème est que lorsqu’une charrue passe, elle ne s’approche pas trop des voitures pour ne pas les abimer. Ça crée donc un amoncellement de neige qui encombre la bande cyclable. Il faudrait faire un petit peu plus; qu’une chenillette passe sur la bande, après la déneigeuse », explique Mme Lareau.

Pistes sur rue

Dans le cas de la rue Boyer, qui possède une piste bidirectionnelle sur rue, la situation est plus complexe. Délimitée par des bollards du 1er avril au 15 novembre, elle disparait complètement de la carte en saison froide, étant donné l’étroitesse de la chaussée. De plus, les déneigeuses ne feraient qu’une bouchée des petits poteaux délimitant l’espace réservé aux vélos. Or, les cyclistes habitués de transiter par cette voie continuent de l’emprunter.

« On a des pistes, comme celles des rues Boyer, qui ont été aménagées il y a 30 ans. Ce sont des axes très importants. Si on veut les déneiger l’hiver, il faudrait les repenser », plaide-t-elle.

Elle suggère donc d’aménager sur ces axes une voie cyclable unidirectionnelle, protégée par une bande hachurée peinte au sol et de faire de même, en sens inverse, sur une rue avoisinante.

« On ne peut pas faire ça sur toutes les rues, car certaines ne sont pas assez larges », concède-t-elle, insistant sur le fait qu’il faut tenir compte de la géométrie de chaque rue.

La mairesse de l’arrondissement, Anie Samson, se dit ouverte à des sugestions pour le déneigement des bandes cyclables, toutefois il faudra voir leur faisabilité tout en respectant les attentes des citoyens.

« Je ne ferme pas la porte. Il faudrait le vérifier, mais on est toujours contraint par les délais. Les citoyens se plaignent tout le temps que ça prend trop de temps à déneiger, donc nous devrons évaluer et regarder avec notre équipe », indique Mme Samson.

Vélo hivernal, de moins en moins marginal

Si le vélo est moins utilisé en hiver qu’en été, son utilisation en saison froide est de moins en moins marginale. Cependant, les préjugés autour du vélo hivernal ont la couenne dure.

« Il y a beaucoup d’automobilistes qui estiment que les gens ne devraient pas circuler à vélo, l’hiver. On comprend qu’ils ont peur de frapper quelqu’un, mais les gens qui décident de rouler à vélo l’hiver se sentent à l’aise. Il faut leur faire confiance; c’est sécuritaire. La rue n’appartient pas aux autos », défend Suzane Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec, demandant aux automobilistes et aux cyclistes de faire preuve de courtoisie, de civisme et de tolérance.

 

(en collaboration avec Audrey Gauthier)

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