Centre d'éducation populaire : un avenir incertain?
« Les négociations avec Québec vont mal. Au mois d’avril, on était presque rendu à une entente avec le Parti québécois. Là, on nous dit qu’il va falloir trouver le moyen d’être autonome financièrement. On sent moins d’ouverture de la part de ce gouvernement », relate le directeur général des Ateliers d’éducation populaire du Plateau, Benoit Lord.
L’organisme insiste sur l’importance de l’apprentissage auprès des adultes. Selon eux, des parents qui prennent des cours de langues, d’artisanat ou autres donnent l’exemple à leurs enfants. Ces derniers auraient moins de chance de décrocher par la suite. Les centres d’éducation populaire offrent aussi des cours à bas coût pour des personnes à faible revenu.
L’équipe de M. Bolduc, affirme, quant à elle, être très sensible à la situation.
« Les canaux de communication sont ouverts. Nous avons pourtant trouvé la rencontre très positive. On ne les laissera pas tomber. Nous allons essayer d’arriver à une solution à très court terme, car nous savons que leur bail avec la Commission scolaire de Montréal (CSDM) se termine bientôt », indique l’attachée de presse du ministre Bolduc, Yasmine Abdelfadel.
Les baux des six centres d’éducation populaire de Montréal se termineront en mai 2015. Ces institutions sont toutes logées dans des édifices centenaires. Les frais d’entretien sont élevés et les acteurs du milieu craignent la disparition de ce service.
« Ça fait quatre ans qu’on nous dit qu’on a pas d’argent pour nous soutenir du côté de la CSDM. Nous avons déjà subi des coupes de 55 000 $, ce qui m’a obligé à couper deux postes. Nous employons 27 personnes, nous avons 600 membres et 120 bénévoles. Où vont aller tous ces gens si on ferme nos portes? On est très inquiet pour l’avenir », mentionne M. Lord.
Les bénévoles impliqués au sein de l’organisme sont aussi inquiets, comme en témoigne Josée Franzo, une des éducatrice de la halte-garderie.
« Ça m’inquiète beaucoup, beaucoup, beaucoup! Est-ce qu’on va détruire une famille fonctionnelle et créative? Ça touche du monde qui n’ont pas de voix, mais qui ont beaucoup de besoins. Ce sont des gens de tous les âges et de toutes les communautés culturelles. ».
Le conseil d’administration des Ateliers souhaite tout de même rester positif.
« Nous avons 40 ans d’histoire et nous avons survécu à bien des crises et des difficultés majeures. Nous allons trouver une solution à l’impasse dans laquelle nous sommes, parce que les Ateliers sont l’expression d’un besoin essentiel pour les citoyens du Plateau et d’un droit, celui d’apprendre tout au long de la vie », conclut M. Lord.