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Cuisine de rue : la recette fonctionne

L’arrondissement du Sud-Ouest serait-il tenté, à l’instar de ceux de Ville-Marie et de Rosemont-La-Petite-Patrie, de faire une plus large place à la cuisine de rue? Le maire Benoit Dorais n’écarte pas l’idée. Mais la recette adoptée jusqu’à maintenant donne satisfaction.

La cuisine de rue, qui était absente de la métropole depuis 67 ans, y a fait un retour en 2013. Dans le Sud-Ouest, les camions ne peuvent pas se stationner où ils veulent et quand bon leur semble. L’arrondissement autorise leur présence seulement lors de la tenue d’événements.

«Nous avons décidé de le faire comme ça», explique Benoit Dorais. «Ça vient se coller aux événements.»

Et la formule convient à l’Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ). «Chaque arrondissement à sa vision sur la cuisine de rue», constate son président, Guy Vincent Melo.

Cet été, les camions étaient notamment présents lors des concerts présentés au parc Garneau et durant le festival Cinéma sous les étoiles, dans Pointe-Saint-Charles. On les a aussi vus pendant le Festival folk sur le canal, en juin, et à l’occasion de la Fête nationale du Québec organisée par l’arrondissement.

Durant le coeur de la saison estivale, du 9 juillet au 12 août, les camions auront été présents lors de 16 événements, note M. Dorais.

De son côté, Parcs Canada accueille les camions jusqu’en octobre aux abords du canal de Lachine.

«Jusqu’à maintenant, ça me paraît très bien», estime M. Dorais, qui ne ferme toutefois pas la porte à une présence accrue. «On est tout à fait ouvert», dit-il, rappelant que la formule est réévaluée chaque année par l’arrondissement.

Une question de marché

Pour Guy Vincent Melo, il faut naturellement tenir compte du marché.

Des camions n’importe où, n’importe quand dans le Sud-Ouest? «Je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne idée», lance-t-il en toute franchise.

«Les camions vendent où il y a une masse critique. Les travailleurs sont au centre-ville», souligne-t-il.

Benoit Dorais fait la même analyse. «Ville-Marie, c’est le centre-ville; il y a une masse. On n’a pas la même densité chez nous», signale le maire. «Ça prend un certain bassin de population.»

Guy Vincent Melo mentionne aussi que l’ARRQ «fait la promotion de la cuisine de rue dans l’ordre et le bonheur de tous». On prend garde à ne pas entrer en compétition avec les restaurants qui ont pignon sur rue. «Il y aurait de l’irritation, de la frustration», croit-il.

Le maire Dorais explique que les camions ne sont pas présents lors d’activités qui sont organisées par les marchands sur les artères commerciales. «Nous n’avons pas de plaintes des restaurateurs traditionnels», dit-il.

L’an dernier, la Société de développement commercial (SDC) Monk, qui redoutait que la cuisine de rue ne fasse compétition à ses restaurateurs membres, s’était opposée à la présence des camions. Mais ça n’a pas été le cas, rapporte la directrice générale de la SDC, Helen Toddy. «Nous n’avons pas eu de plaintes de nos restaurateurs», dit-elle. «La formule est bien. C’est la bonne entente. Ils ne viennent pas en compétition avec les restaurateurs.»

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