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Vivre et travailler en français dans Bordeaux-Cartierville

Brassard-Lecours Gabrielle - TC Media
Les nouveaux arrivants de Bordeaux-Cartierville comprennent l’importance d’apprendre le français, mais se heurtent parfois aux exigences du marché du travail.

«Le plus grand défi, c’est l’intégration professionnelle dans le domaine de compétences», affirme Anaït Aleksanian, directrice générale du Centre d’appui aux communautés immigrantes (CACI).

L’organisme offre près d’une vingtaine de classes de francisation de différents niveaux. Chaque classe accueille 25 élèves. Ils viennent de partout, mais surtout du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest.

«Tous ceux qui viennent chez nous veulent d’abord apprendre le français. Ils savent qu’ils sont au Québec et ont envie de parler la langue», affirme-t-elle.

Les organismes qui offrent des programmes de francisation dressent chacun des portraits socio-démographiques intéressants. Concertation-Femme, qui offre également des cours de francisation pour les nouvelles arrivantes, brosse un portrait de ses membres et soulève des enjeux bien réels dans le quartier.

«Beaucoup de femmes viennent nous voir pour apprendre le français, mais l’oublient rapidement parce qu’elles ne le pratiquent pas, souligne Maysoun Faouri, directrice de Concertation-Femme. Souvent, les nouvelles arrivantes s’occupent des enfants et ne travaillent pas, donc elles sortent moins de la maison et ne communiquent pas dans la langue d’intégration», explique Mme Faouri.

En ce sens, Concertation-Femme organise des activités de socialisation en dehors des cours de français pour permettre aux femmes de briser l’isolement et de parler la langue qu’elles sont en train d’apprendre.

Les entraves du marché du travail

D’après la directrice générale du CACI, le problème de l’intégration professionnelle des immigrants est lié à la réalité de l’emploi.

«Quand les nouveaux arrivants cherchent du travail, plusieurs employeurs demandent dans leurs exigences d’être bilingue, donc ils s’auto-éliminent automatiquement. Mais est-ce un poste qui exige réellement d’être bilingue?», se demande Mme Aleksanian.

La reconnaissance des acquis est un autre enjeu important. «Plein de gens sont formés et diplômés, mais ils n’arrivent pas toujours à trouver un travail dans leur domaine d’expertise», explique Anaït Aleksanian.

Selon elle, il y a un manque de volonté politique pour reconnaître les compétences des nouveaux arrivants et leur donner les équivalences nécessaires pour qu’ils puissent travailler dans la branche de leur formation.

Des données surprenantes

Selon des données fournies par le Conseil local des intervenants communautaires (CLIC), «la langue ne constitue pas nécessairement un obstacle pour la communication dans le secteur Laurentien/Grenet. Pourtant, d’après les graphiques, c’est l’arabe qui serait la langue non officielle la plus parlée à la maison dans ce quartier. Seulement 8% des résidents ne parlent ni le français, ni l’anglais», indique le rapport.

Une personne sur cinq dans cette zone est au chômage. Mais, comme le souligne Mme Aleksanian, ce n’est pas nécessairement parce que les nouveaux citoyens ne sont pas formés.

«Selon les statistiques du CACI, 69% des gens qui arrivent au CACI ont une formation universitaire, 19% ont une formation collégiale et 2% ont une formation post-universitaire», affirme la directrice de l’organisme.

Les intervenants qui travaillent à l’intégration des nouveaux arrivants dans Bordeaux-Cartierville abondent dans le même sens: les immigrants veulent apprendre le français. Le problème se situe peut-être ailleurs, comme dans le marché de l’emploi ou l’éducation.

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