Rien de négocié pour les évincés?
« L’arrondissement ne prend pas en compte les gens qui sont ici. Il aurait pu dire à Allied de faire quelque chose pour nous. Il y avait une négociation à avoir, mais rien n’a été fait!
« On est en train de vendre ici des locaux [pour des activités] qui devraient être dans des tours à bureaux au centre-ville. Pis l’arrondissement a embarqué là-dedans», s’indigne-t-il.
Le conseiller du district Mile End, Richard Ryan, qui a suivi de près les pourparlers, réfute cette affirmation.
« Ce qui est prévu, c’est qu’Allied fait des arrangements avec les artistes qui louent un autre local dans le bâtiment. Si les gens quittent, il n’y a rien de prévu, comme dans tout bail commercial. Ce n’est pas relié à l’entente. La situation n’est pas mieux, ni pire qu’avant la conclusion de celle-ci, elle n’a pas été empiré. Avant, un propriétaire aurait très bien pu évincer un locataire. Le problème, c’est que les baux commerciaux ne sont pas encadrés par la Régie du logement », croit-il.
M. Ryan concède que l’entente a eu des « effets collatéraux » sur certains « petits artisans ». Il estime cependant qu’il faut regarder le « portrait dans son ensemble » et que cette mesure s’avère une avancée positive pour la majorité des artistes du Mile End.
Pour sa part, le regroupement Pied Carré (Pi2) soutient n’avoir aucun pouvoir, si ce n’est que celui d’agir à titre de lobby.
« On a convenu avec Allied qu’on allait travailler ensemble pour déménager nos membres, dont les locaux se trouvaient sur les quatre étages touchés. Pour les autres locataires, une des actions que l’on a prise, c’est qu’on a demandé à la Corporation de développement économique communautaire à intervenir dans ce dossier, ce qu’elle a fait. Une agente de développement a été mobilisée et elle essaie, avec l’arrondissement, de trouver des solutions. Pi2 est un petit organisme a but non lucratif. On peut donner des lettres d’appui, mais on ne peut pas prendre en charge le dossier des non membres, étant donné qu’on n’a pas les ressources pour le faire », explique Carine Valleau, porte-parole du regroupement.
Dans le cadre de cette série de textes, le journal Le Plateau a sollicité une entrevue auprès de la division montréalaise d’Allied Properties, la société en commandite Gestion de propriétés Allied. Celle-ci a laissé savoir qu’elle ne souhaitait pas commenter ce dossier.