Une main tendue loin des gangs de rue
«Le programme a été implanté dans des secteurs où on observe une émergence des activités liées aux gangs de rue. Les arrondissements ont aussi été choisis en fonction de la concertation communautaire et de l’intégration des policiers au milieu. C’est le terreau que l’on ciblait pour implanter le programme», indique Pierre Cloutier, chargé de projet pour PSI-Montréal / Gangs de rue.
PSI rassemble des policiers, des travailleurs de rue et des représentants des centres jeunesse ou des services correctionnels. La structure est placée autour du jeune et de son milieu.
«Notre démarche est divisée en trois axes distincts: la répression, l’intervention et la prévention. Ce dernier point est particulièrement important. C’est là que nous travaillons sur le milieu dans le lequel le jeune est sollicité à la délinquance. Mais c’est aussi cet environnement qui est à même de supporter son développement», indique Pierre Cloutier.
PSI s’adresse donc à des jeunes de 15 à 25 ans qui ont été reconnus coupable d’actes criminels en lien avec l’activité d’une gang. Ce crime peut être le trafic d’armes ou de stupéfiants, le proxénétisme ou encore le taxage à grande échelle.
Son équipe suit les jeunes de manière intensive sur une période d’un an, et ce, dès le prononcé de sentence. «Ils sont rencontrés trois à quatre fois par semaine par un groupe de suivi incluant les policiers. On les accompagne s’ils retournent à l’école et on les aide non seulement à se trouver un emploi, mais aussi à adopter des comportements qui leur permettront de le garder. On agit pour qu’ils puissent réintégrer leur communauté, un environnement qui a été touché par leurs activités de gang», énonce M. Cloutier. Pour la majorité de ces jeunes, les actes criminels qu’ils commettent se font à proximité de leur lieu de résidence.
Réponse complexe à un problème qui l’est tout autant
Le programme a commencé en 2009. «L’objectif initial était d’avoir une intervention plus efficace auprès des jeunes qui gravitent de près ou de loin autour des gangs de rue. Pour ce faire, on est allé voir ce qui se faisait du côté de Philadelphie, là où les intervenants travaillent à ce que les jeunes des gangs survivent à leurs 25 ans», informe-t-il.
Évidemment, Montréal ne peut se comparer à la métropole de la Pennsylvanie en matière de délinquance juvénile, mais leur modèle d’intervention pouvait certainement être importé, «les Américains étant dix ans en avance sur nous sur ce plan», précise M. Cloutier.
Le PSI reprend les principes de la méthode Spergel, dite approche intégrée. Il s’agit de penser les gangs comme un problème global auquel on doit appliquer des stratégies concertées. «De plus en plus, on se rend compte que travailler en vases clos n’est pas efficace. Chaque acteur peut bénéficier de l’expérience et de la perspective des autres dans une approche de partenariat. D’ailleurs, si le projet existe, c’est en partie grâce au travail de proximité des policiers. Ils connaissent très bien les jeunes, ce qui facilite l’intervention en amont», conclut M. Cloutier.