«Si on avait à vivre ça avec tout ce qui est arrivé, on aurait agi différemment»
«J’ai rencontré l’entrepreneur en construction Tony Maggi à peu près quatre fois dans mon bureau et à chaque occasion, j’étais accompagné de fonctionnaires de mon arrondissement, incluant la directrice de l’arrondissement et le directeur de la DAUSE [Direction de l’aménagement urbain et services aux entreprise]. Ces rencontres portaient sur un projet de construction résidentielle dans l’arrondissement», déclare Me Dauphin.
Le maire de Lachine, encore une fois, tient à souligner qu’il avait reçu Tony Maggi en sa qualité d’entrepreneur qui construisait partout dans la région métropolitaine, et qu’il ne connaissait pas ses liens avec le crime organisé lors de ses premières visites dans son bureau, en 2006. Lorsqu’il a reçu de nouveau M. Magi en 2009, soit après la tentative d’assassinat sur ce dernier, l’affaire avait déjà été rendue publique et Claude Dauphin ne croyait pas qu’il était alors tenu d’appeler les policiers.
«C’est sûr qu’aujourd’hui, si on avait à vivre ça avec tout ce qui est arrivé, l’implantation de l’escouade Marteau, avec tout ce qu’on dit dans les médias, avec la commission Charbonneau, sûrement qu’on aurait agi différemment», affirme le maire de Lachine.
Un projet immobilier de 150 unités
Me Dauphin soutient que, par ce temps-là, le projet immobilier en question, qui comptait quelque 150 unités de logements, surtout des maisons de ville, était achevé à 90% et qu’il n’y avait aucun motif de mettre un terme au contrat qui avait été respecté.
«De plus, précise le maire de Lachine, une centaine de familles attendaient la fin des travaux afin de prendre pleine possession de leur demeure. Il fallait donc agir de manière responsable en tenant compte de tous ces éléments».
Rappelons que Tony Magi était propriétaire du terrain, situé dans le quartier Saint-Pierre, qu’il avait acquis au cours d’une transaction privée. Ce terrain était le site de l’ancienne usine Consumer Glass qui avait fermé ses portes plusieurs années auparavant.
«À ma connaissance, il n’y a jamais eu d’allégations ou de manquements à ses obligations comme entrepreneur et tout s’est fait selon la règlementation de l’arrondissement. Comme à mon habitude, j’ai agi en toute bonne foi dans ce dossier», a conclu Claude Dauphin dans un entretien téléphonique au Messager.