La révolution tranquille de Calixa-Lavallée
Dominic Blanchette a été nommé directeur de l’école secondaire Calixa-Lavallée, en juin 2009. Quelques mois plus tard, son école était citée comme l’une où le taux de décrochage scolaire était le plus élevé. Le son de cloche s’est fait entendre et au lieu jeter ces statistiques aux oubliettes, il les a utilisées comme point de départ. Au cours des prochaines années, l’établissement scolaire retiendrait de plus en plus de jeunes sur les bancs d’école. « On se donnait au moins cinq ans pour atteindre un chiffre comme celui qui est sorti dans le dernier rapport », avoue M. Blanchette.
La Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSPÎ) avait demandé au directeur d’augmenter le taux de diplomation et de qualification de 9 %, soit de passer de 60,6 % à 69, 6 %. Un autre objectif qui a été atteint plus rapidement que prévu.
Raccrocher les élèves
« Je me suis demandé « Comment peut-on faire une petite révolution tranquille ici » ? », explique l’ancien professeur d’enseignement moral.
Le personnel enseignant s’est alors tourné vers ses étudiants. « On leur a demandé ce qui leur manquait et ce qu’ils souhaitaient comme changement », se rappelle M. Blanchette. Les idées étaient nombreuses : des projets en science, en robotique, des cours de musique, un café étudiant, une radio étudiante, etc. Et tous les projets ont été développés.
Depuis deux ans, la concentration Calixum combine les études secondaires avec des expériences et découvertes dans les domaines de la science, de la technologie et de l’informatique. « Ça intéresse beaucoup les garçons, car il y a beaucoup de manipulation », ajoute M. Blanchette. Surtout, ça répond à un besoin que les élèves ont exprimé.
« Chaque jeune a besoin d’encouragement chaque jour, estime le directeur de Calixa-Lavallée. C’est ce qu’on essaie de faire. » L’approche du personnel enseignant semble fonctionner puisqu’en un an, le nombre d’étudiants qui fréquentent l’école est passé de 1268 à 1472. « Ça veut dire une classe de secondaire cinq de plus », s’exclame M. Blanchette.
Tout de même, certains adolescents perdent le goût d’étudier. Les comités cliniques instaurés à tous les niveaux permettent de rattraper le jeune et d’analyser sa situation avant qu’il ne décroche. Il est ensuite rencontré avec ses parents et une démarche leur est proposée. Ce contact parental peut faire toute la différence, selon M. Blanchette. « Derrière chaque décrocheur, il y a un parent qui accepte. »
La participation des parents demeure à travailler. L’école en est consciente et leur a d’ailleurs donné accès à un outil qu’ils demandaient : un portail permettant de suivre le dossier scolaire de leurs enfants.