Maladie d'Alzheimer: la prévention une priorité au Douglas
L’annonce prochaine de la création d’un centre consacré exclusivement à la recherche sur la prévention de la maladie d’Alzheimer suscite beaucoup d’espoir.
Faute de trouver les moyens de guérir la maladie d’Alzheimer à court terme, on peut ralentir la progression ou même retarder l’apparition des symptômes. Un des fondateurs du centre, le Docteur Judes Poirier, généticien réputé, considère qu’il faut agir promptement, avant de vivre une catastrophe nationale car le nombre de cas augmentera de manière exponentielle avec le vieillissement de la population.
Le Dr Poirier, un scientifique de réputation internationale, estime que le centre créé à l’Institut de recherche en santé mentale Douglas est le premier au Canada et un des cinq dans le monde. «On n’a pas lancé la serviette et on espère toujours trouver un remède à l’Alzheimer, mais on a fait des recherches sur des molécules qui semblent faire reculer la maladie», selon le Dr Poirier. La prévention et le dépistage précoce semblent donc les meilleurs alliés des praticiens bien que la recherche aborde différentes pistes de recherche avec deux centres axés sur la mémoire, totalisant des investissements de diverses sources pour plus de 15M$ au Douglas.
Personnes à risque
Signalons au départ que la maladie d’Alzheimer est une maladie mentale qui entraîne la dégénérescence irréversible des tissus cérébraux contrairement à une maladie neurologique comme le Parkinson, dont les personnes atteintes gardent leur lucidité. Le Dr Judes Poirier estime que le bagage génétique constitue un facteur qui peut doubler ou tripler l’incidence de la maladie pour quiconque a un frère, une sœur ou un parent qui en a souffert. Les autres facteurs sont l’âge, surtout à partir de 60 ans et les habitudes de vie incluant l’alimentation, la sédentarité et le manque d’activité physique et intellectuelle. Les problèmes cardio-vasculaires incluant l’hypertension augmentent aussi l’incidence de la maladie d’Alzheimer.
À petits pas
C’est en constatant, que chez deux jumeaux identiques, dont le bagage génétique est donc semblable, l’un d’entre eux a eu la maladie d’Alzheimer et l’autre ne l’a pas eu. En fait, explique le Dr Poirier, «celui qui n’a pas eu la maladie d’Alzheimer souffrait d’arthrite et prenait des médicaments anti-inflammatoires». Ces médicaments ont selon les premières observations, épargné ce jumeau de l’Alzheimer. Le Dr Poirier et d’autres chercheurs font les mêmes observations en attendant de vérifier les faits sur un échantillonnage assez large. Il s’agit d’un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), dont le nom générique est l’Ibuprofène vendu sans ordonnance sous des marques commerciales comme Advil et Motrin au Canada et Naproxène aux U.S.A.
Par ailleurs le Dr Poirier a le mérite d’avoir identifié une substance normalement chargée de transporter le cholestérol dans le sang et le cerveau, l’ApoE4, qui est directement reliée à la genèse de la maladie d’Alzheimer. Cette anomalie est encore aujourd’hui considérée comme étant le facteur de risque génétique le plus important jamais découvert pour cette maladie.
Et le Centre…
En 2012, les chercheurs du Douglas combinent la génétique de pointe avec les possibilités du nouveau Centre d’imagerie médicale et les tests suivis de médicaments. Avec le nouveau centre, le Dr Poirier estime qu’on pourra mener entre cinq et sept études de 150 à 200 patients par étude, au cours des sept prochaines années. Le Centre assurera un suivi de ces patients à risque d’une maladie qui, ne l’oublions-pas, peut prendre 15 ans avant que des symptômes irréfutables n’apparaissent.