Soutenez

Attendre son troisième coeur

Beauchemin Philippe - TC Media
« Je joue au Playstation. Je parle avec les infirmières. Je regarde la télé… outre ça, il n’y a rien à faire; je dois attendre le malheur d’un décès pour trouver le bonheur d’avoir un nouveau cœur. »

Depuis quatre mois, Marc-André Lyonnais séjourne à l’Institut de cardiologie de Montréal. Il suit des traitements pour contrer les effets d’une cardiomyopathie et pour abaisser son nombre d’anticorps, diminuant ainsi les risques éventuels du rejet d’un nouveau cœur qu’il attend désespérément…. Un troisième, dans son cas.

« Je suis un greffé du cœur depuis l’âge de 13 ans, explique-t-il. La cardiomyopathie est justement une maladie qui s’attaque aux greffés. Ça touche les artères. Elles s’atrophient avec le temps, jusqu’au point où il cesse de fonctionner. Il me faut donc un autre cœur, un troisième, pour continuer à vivre. »

Il y a un an et demi, M. Lyonnais a remarqué des changements dans son état de santé.

« Au départ je pensais que c’était l’estomac, que j’avais des ulcères. En fait, je me faisais croire que c’était ça, que ça ne pouvait pas être mon cœur. Je ne voulais pas me le dire, parce que je ne pouvais anticiper de devoir à nouveau être greffé. Cela avait tellement été difficile la première fois, il était hors de question que je revive ça. Je me conditionnais : ce n’était que des ulcères d’estomac. »

Cependant, au fil des semaines, l’évidence s’est imposée. « Les soirs, je jouais au hockey et au basketball avec un ami. Tout allait vraiment bien, j’avais une vie normale, active. Puis, en quelques semaines, je n’arrivais même plus à aller à la « job » en marchant, ni à monter des escaliers. C’est là que j’ai compris que je n’avais pas le choix, qu’il fallait que j’aille consulter », mentionne-t-il.

Verdict : les artères de son cœur rétrécissaient et durcissaient. Le sang avait de plus en plus de difficulté à circuler. Il devait espérer un nouveau cœur rapidement.

Cela fera un an dans quelques jours qu’il est sur la liste pour un don du cœur. Après un faux espoir en février, il espère maintenant que les prochaines semaines seront porteuses de bonnes nouvelles, lui qui fêtera ses 25 ans dans deux semaines. « Évidemment, ce serait le plus beau cadeau du monde d’avoir un nouveau cœur pour ma fête. J’ai hâte de partir d’ici, de reprendre une existence normale. Je trouve que c’est long. Mais en même temps, je suis un gars patient et je sais que je suis entre bonnes mains à l’Institut de cardiologie. J’ai encore un bon moral. De toute façon, je ne peux faire autre chose qu’attendre et espérer », convient-il.

– L’Institut de cardiologie demande aux gens de signer l’endos de leur carte d’assurance maladie pour les dons d’organes. Information sur l’Institut de cardiologie : www.icm-mhi.org.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.