Opposition au déménagement du jardin communautaire
Le jardin communautaire est présentement situé à l’intersection des boulevards Pie-IX et Gouin. Il sera déménagé, à l’été 2013, dans les parcs Oscar et Tardif, aux extrémités ouest et est de l’arrondissement. Ce sont les travaux de réaménagement du carrefour Henri-Bourassa-Pie-IX qui causent ce chambardement.
Tension et pétition
La première de deux rencontres d’information, le18 juillet, a attiré bien peu de jardiniers et seulement cinq personnes habitant autour du parc Tardif. Ce sont les résidents qui habitent près du parc Oscar, dans l’ouest, qui avaient investi la salle. Les représentants de l’arrondissement ont expliqué qu’ils sont forcés de déménager le jardin et qu’ils ont cherché en vain un terrain vacant. Aussi, qu’ils devront changer l’actuel emplacement de la patinoire du parc Oscar pour faire place aux 47 espaces de jardinage qui seront aménagés. Elle sera déplacée devant le chalet du parc, et les modules de jeu et balançoires remis à neuf, a-t-on aussi indiqué aux citoyens, ce qui a semblé en apaiser plusieurs.
Implorant les citoyens de bien écouter la présentation et disant regretter que ceux-ci n’aient pas pris la peine d’aller voir la qualité et la beauté de l’actuel jardin, le conseiller Jean-Marc Gibeau a tout de même dû répondre à de nombreuses questions de citoyens inquiets, appelant parfois en renfort Louis Provencher, chargé de projet à l’arrondissement de Montréal-Nord.
Gilles Cadieux, qui affirme résider sur la rue Oscar depuis une quarantaine d’années, a longuement pris la parole pour faire part de ses craintes quand à la rareté des stationnements. Déjà, dit-il, des résidents du boulevard Saint-Michel viennent stationner dans sa rue en raison des interdictions liées aux voies réservées aux autobus. Il craint que les jardiniers ne prennent encore plus de places, et que l’aménagement de cinq cases de stationnement pour eux dans le parc ne soit pas suffisant, tout en dénonçant une décision purement administrative. « Les parcs appartiennent à tout le monde, mais en priorité à ceux qui habitent autour ou les fréquentent », a-t-il plaidé.
« Oui, c’est un plan administratif, car nous sommes des administrateurs, a rétorqué M. Gibeau. Et nous n’administrons pas seulement pour une rue, mais pour tout un arrondissement. » Lise Bourgault, coordonnatrice du jardin communautaire, a ensuite tenté de raisonner les citoyens inquiets pour leurs espaces de stationnement, rappelant qu’à l’actuel jardin, qui compte 120 emplacements, les cinq places sont suffisantes. Les jardiniers ne sont jamais tous là en même temps et ils savent bien se tenir, a renchéri M. Gibeau. « Ce sont des gens hyper propres et disciplinés qui viennent au jardin, ils ne vont pas là pour prendre un coup ou jeter des déchets. Il n’y a jamais eu de chicane de voisinage sur Pie-IX en 12 ans, alors j’ai été un peu surpris de voir tant de gens rébarbatifs en arrivant ici », a-t-il dit.
André Bacon, un des rares jardiniers présents, est allé dans le même sens. « Je suis jardinier depuis 30 ans et je veux vous rassurer, a-t-il dit à l’intention de ses futurs voisins. Nous n’allons pas faire de votre parc une cour à scrap! »
Puis, dans une tentative de coup d’éclat, un autre résident de la rue Oscar, Adrien Baril, a déposé une pétition de plus de 150 noms de résidents des environs qui s’opposent au projet. Pierre Charrette, un de ses voisins rassurés par la présentation qu’on venait de lui faire, lui a reproché de ne pas avoir attendu de connaître les détails du projet avant de faire signer cette pétition, l’accusant au passage d’avoir fait signer de nombreux mineurs. Le ton a levé entre les deux hommes.
« Je ne crois pas les politiciens. Ils ne me feront pas avaler une couleuvre. On ne me fera pas croire qu’on peut faire mieux avec moins d’espace », a expliqué M. Baril au Guide de Montréal-Nord.