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Kaki : la seule coop de travail à Montréal-Nord

Kaki design communication marketing, petite boîte de quatre employés, ressemble aux autres entreprises de son secteur, au premier coup d’œil. Un détail la fait cependant se démarquer : il s’agit de la seule et unique coopérative de travail de Montréal-Nord.

Christian Corbeil, agent de développement à la Coopérative de développement régional de Montréal-Laval, confirme que Kaki fait figure d’exception. « Le secteur de l’économie sociale et des coopératives est faible dans cet arrondissement, en comparaison avec les autres, mais nous déployons beaucoup d’efforts pour que cette situation change », explique-t-il.

Cet état de fait n’a pas empêché les fondateurs de Kaki d’opter pour la formule de la coopérative de travail, il y a cinq ans. « J’ai travaillé sur ce projet d’entreprise pendant trois ans et j’ai été inspiré par la philosophie rattachée aux coops de travail. Je voyais que dans le domaine des agences, il y a un fort taux de roulement des employés et un manque de stabilité », explique Charles St-Pierre, fondateur et directeur de la production.

Les entreprises qui optent pour la formule de la coopérative de travail, dans laquelle les employés sont copropriétaires et participent aux décisions, sont caractérisées par un plus grand taux de survie qu’avec les entreprises privées. Les employés qui désirent devenir membres avec droit de vote doivent payer une part sociale, mais dans le cas de Kaki, il a été décidé de ne pas demander que ce soit payé d’un coup. On procède plutôt par prélèvements salariaux échelonnés.

« Ainsi, les employés peuvent devenir membres, mais ils mangent quand même et ont le ventre plein. On sait que les graphistes, ça ne roule pas sur l’or », blague Frédéric Lalonde, fondateur et responsable du développement des affaires. Il fait référence à la graphiste de Kaki, Julie Cummings. Mélissa Ellefsen, plus récente recrue de la boîte, est pour sa part responsable de l’intégration web.

Des employés plus heureux

Cette dernière a travaillé longtemps comme pigiste auprès de grandes agences, une période dont elle ne s’ennuie pas. « Avec elles, nous ne sommes que des pions, si ce n’est pas toi, ce sera un autre. Ici, je me sens respectée, les travailleurs sont plus heureux », dit-elle. Julie Cummings abonde dans le même sens. « Nous sommes égaux et nous avons l’occasion de voter sur chaque décision importante. »

Toutes les décisions relatives à l’entreprise sont prises de façon unanime, raconte M. Lalonde. « On a une réunion hebdomadaire, mais il reste que c’est comme si nous étions tout le temps en conseil d’administration ou en assemblée générale! »

Une part des contrats obtenus par Kaki vient d’entreprises privées, mais ceux qui proviennent des entreprises d’économie sociale représentent tout de même une partie importante de leur carnet de commandes. Une majorité des contrats, ces temps-ci, touchent à la conception de sites internet. 

En cette année mondiale de la coopération, décrétée par l’ONU, les membres de Kaki gardent les pieds sur terre. « Même dans nos rêves les plus fous, nous n’atteignons pas 70 membres. À 7 ou 8, nous aurions déjà une très grande capacité de production tout en gardant le principe de gestion participative », conclu M. Lalonde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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