Saga Aveos: doit-on espérer un retour en arrière?
« L’aéronautique est un secteur d’activité fondamental pour l’économie de Saint-Laurent. On y retrouve toute une constellation d’entreprises qui oeuvrent dans le secteur et emploient des milliers de travailleurs », a précisé M. Fournier. Au même titre que Bombardier et CAE, Aveos figure parmi les entreprises d’importance au sein de la grappe aéronautique.
Le journal s’est également entretenu avec Luc Duguay, commissaire industriel à Développement économique Saint-Laurent (DESTL) pour parler plus précisément d’économie locale. « Selon nos calculs, près d’une centaine de Laurentiens seraient directement touchés par les quelque 1800 mises à pied », avance-t-il, en ajoutant que pour chaque dollar investi par Aveos, on retrouvait en moyenne 4 $ de retombées au cœur même de l’arrondissement. Un impact économique considérable pour Saint-Laurent.
Au-delà des frontières encerclant le comté du député provincial de Saint-Laurent, cette fermeture représente un enjeu économique montréalais et québécois important. « L’aéronautique n’est pas une petite grappe au Québec, c’est un secteur excessivement important. On ne peut pas perdre des joueurs qui sont une main-d’oeuvre qualifiée. D’ailleurs, où vont les entreprises? Là où une main-d’oeuvre de qualité est disponible », commente M. Fournier, qui rappelle que pour se privatiser, en 1988, Air Canada avait dû accepter des conditions. D’ailleurs, une loi stipule explicitement que le transporteur aérien a l’obligation depuis la privatisation de maintenir le service d’entretien et de révision – le « petit » et le « gros » entretien – dans trois villes du Canada, dont Montréal. D’où la fameuse mise en demeure…
Québec veut mettre les pendules à l’heure
Le ministre Fournier a envoyé une mise en demeure comme procureur général d’abord pour valider auprès du transporteur par quels moyens juridiques il prévoit s’assurer que les obligations existant dans la loi ayant mené à la privatisation soient respectées. Si la réponse est satisfaisante, elle deviendra alors un outil de plus pour trouver des solutions économiques, résume-t-il. Si toutefois Air Canada ne donnait pas suite à cette mise en demeure dans les délais prescrits, Québec intenterait des procédures juridiques pour que le tribunal force la société aérienne à respecter ses obligations légales.
« L’obligation légale est forte et ferme: c’est une obligation de résultat pour Air Canada. Pour nous, il ne devrait y avoir qu’une seule conclusion: autant le gouvernement fédéral qu’Air Canada devraient partager notre point de vue. Qu’ils lisent la loi et qu’ils se demandent ensuite comment procéder pour rencontrer l’obligation de résultat. On travaille de concert avec le Ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec (MDEIE) et le Fonds de solidarité et je crois comprendre qu’Air Canada y travaille aussi. Mais, ce que je veux savoir, c’est jusqu’où », a-t-il déclaré.