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Brignon-dit-Lapierre, maison ancestrale

Un nom ‘dit’ est un alias donné à un nom de famille. Comparé aux autres surnoms, alias ou noms de plume qui sont donnés à une personne précise, les noms ‘dit’ sont utilisés par plusieurs personnes. Il emble que l’usage n’existe qu’en France, en Nouvelle-France et en Écosse où on trouve des clans ou ‘septs’. – Un sept est un mot anglais qui signifie la division d’une famille, en particulier la division d’un clan. Probablement une forme changée d’une sect. Ce terme est trouvé en Irlande et en Écosse.

En Écosse, un «sept» est souvent une famille qui est absorbée dans un grand clan écossais. Par exemple, la famille Burns qui était très petite et avait un héritage incertain, a gagné la légitimité et la protection du Clan Campbell qui l’a donc absorbé. Chaque clan écossais a tradionnellement un certain nombre de septs, chacun avec son propre nom de famille.

Parmi les raisons pour adopter un nom ‘dit’, nous trouvons: un surnom utilisé à l’armée, à titre d’exemple: La Gâchette dit Lagacé; un lieu d’origine tels que Breton, Langlois, Langevin; des terres appartenant à ou habitée par un ancêtre – Beauregard est un exemple, le nom complet de l’ancêtre – Gaston Guay – Gastonguay, Castonguay, le prénom d’un ancêtre – Vincent, Robert, etc.,

La terre où est située la maison Brignon Dit Lapierre est concédée par les seigneurs de Montréal en 1722. En 1742, Charles Guilbault, maître maçon et tailleur de pierre de Montréal, achète un lot de terre, de 2 arpents sur 40 faisant front à la rivière des Prairies, dans le nord-est de l’île de Montréal, et y érige une maison en pierre et des bâtiments de ferme.

En août 1762, Pierre Guilbault, fils de Charles, épouse Marie-Marguerite Labelle. Celle-ci décède au début de 1766 après avoir donné naissance à deux enfants. Guilbault épouse en secondes noces Marie-Angélique Dalpé dit Parizeau en janvier 1768.

Fils de maçon, Pierre Guilbault gagne sa vie en combinant la pratique de son métier de maçon et la culture de la terre. Vers 1770, Pierre Guilbault, propriétaire de la terre de son père depuis 1762, démolit l’ancienne maison et érige la maison qu’il habite jusqu’au début du XIXe siècle.

En 1806, Pierre Guilbault vend sa terre au cultivateur Ambroise Cazal. Afin d’assurer sa retraite, ce dernier cède au mois de novembre 1814 la maison et la terre par acte de donation à Luc Brignon dit Lapierre, un cultivateur de 27 ans. En échange, Cazal conserve notamment le droit d’habiter la partie sud-ouest de la maison, de la cave jusqu’au grenier. Après le décès de celui-ci, la maison et la terre demeure la propriété de Luc Brignon dit Lapierre

C’est le 5 novembre 1847 que Luc Brignon cède à son fils Pierre, la terre, la maison de pierre et dépendance. Luc Brignon et sa femme se réservent la partie de la maison du côté sud-ouest de la cave au grenier. Luc Brignon dit Lapierre meurt le 6 janvier 1849 à l’âge de soixante-deux ans. La maison demeure la propriété de la famille Brignon dit Lapierre jusqu’en 1912. La terre est alors subdivisée.

Entre 1912 et 1987, la maison Brignon dit Lapierre passe entre les mains de plusieurs propriétaires avant d’être vendue à la Ville de Montréal Nord. En octobre 1987 la ville de Montréal-Nord acquiert la maison et son terrain est aménagé en parc municipal et est utilisé pour la tenue d’événements culturels. À la suite des fusions municipales de 2002, – la ville de Montréal-Nord devient un arrondissement de Montréal – les bâtiments appartenant aux autres municipalités de l’île deviennent propriétés de la Ville de Montréal.

En 1915, la ville de Montréal-Nord, qui faisait autrefois partie de la municipalité de paroisse du Sault-au-Récollet, est créée. L’hôtel de ville de Montréal-Nord est érigé en 1916 sur l’ancienne terre des Brignon dit Lapierre.

Suite à une demande, que je présentais à la ville de Montréal, à titre de président de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord, la maison Brignon-dit-Lapierre fut reconnue Monument historique cité sous le nom de Maison Brignon-Dit-Lapierre depuis le 17 septembre 2007 (juridiction municipale).

Ma demande avait été appuyée par l’administration de l’arrondissement Montréal-Nord et adoptée par l’administration municipale de Montréal. La députée de Bourassa Sauvée fut de bons conseils.

« La citation est une mesure de protection légale, applicable en vertu de la Loi sur les biens culturels, à laquelle une municipalité peut recourir pour protéger un monument historique situé sur son territoire, ou une partie de ce monument, dont la conservation

présente un intérêt public (art.70). […] moyennant l’adoption d’un règlement municipal en ce sens »

La citation à titre de monument historique suscita un tel intérêt nouveau pour ce bâtiment qu’il permit sa restauration. L’inauguration officielle, par l’administration de l’arrondissement Montréal-Nord devrait avoir lieu sous peu.

Construite vers 1770, la maison Brignon-Dit-Lapierre compte parmi les plus anciennes maisons de ferme sur le territoire montréalais. Elle constitue un témoignage des activités agricoles qui ont prévalu avant l’urbanisation ainsi que du transfert du patrimoine familial de génération en génération. Ce qui lui attribue sa valeur historique.

Un nouvel équipement culturel sis au 4251 boulevard Gouin Est qui servira à la communauté.

N’hésitez pas à commenter cet article. Je vous invite à me faire parvenir anecdotes, souvenirs et photos… rogerlagaceshgmn@videotron.ca.

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