Le rêve du monorail
Le TrensQuébec, c’est un monorail suspendu, propulsé par des moteurs-roue électriques. Grâce à sa vitesse de croisière de 250 km/h, il permettrait de lier la métropole et la Vieille capitale en seulement une heure.
«La technologie est là et elle existe», assure Jean-Paul Marchand. C’est Pierre Couture, un employé d’Hydro-Québec, qui a inventé le moteur-roue en 1995. «À l’époque, on avait voulu installer ce type de propulsion sur les voitures et un essai avait démontré son extrême puissance. Le projet a cependant été relégué aux oubliettes», raconte M. Marchand, docteur en philosophie des sciences et ex-député fédéral, de 1993 à 2000.
Depuis plusieurs mois, M. Marchand organise des conférences (dont l’une au collège Bois-de-Boulogne) afin de faire avancer le projet, ou plutôt afin de promouvoir l’idée du monorail.
«Le monorail, c’est une solution écologique, économique, durable et efficace pour le Québec, assure-t-il. Sa structure surélevée est simple et beaucoup moins coûteuse que le train traditionnel ou le TGV (train à grande vitesse). En fait, le monorail coûte trois fois moins cher que le TGV.»
Une étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) réalisée en 2010 confirme le tout. Le coût d’implantation d’un TGV serait de 30 à 40 M$ du kilomètre, tandis que le coût du monorail est estimé à 12 M$ du kilomètre. Le Train de l’Est, à titre de comparaison, devrait dorénavant coûter 14 M$ du kilomètre, pour un service on ne peut moins rapide.
Toujours selon l’IREC, l’installation de monorails dans l’agglomération de Montréal et dans les régions du Québec pourrait créer jusqu’à 90 000 emplois.
La construction de la ligne Montréal-Québec pourrait coûter 3 milliards $. Le prix d’un aller simple? «Ça pourrait être 60 ou 70 $, comme ça pourrait être beaucoup moins. Chose certaine, le monorail est une technologie qui est rapidement rentable. Il réduirait l’utilisation de l’automobile, les coûts d’entretien des routes et les émissions de GES (gaz à effet de serre). En plus, ce serait un atout majeur pour l’économie du Québec. Si on réussit à développer ce produit, tous les marchés internationaux le voudront. Tout ce qu’il manque, c’est une volonté du gouvernement pour développer la technologie», médite Jean-Paul Marchand.
Jusqu’à maintenant, 16 000 personnes ont donné leur appui à ce projet de monorail (www.trensquebec.qc.ca).
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