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La situation burundaise inquiète à Montréal

Photo: Dominique Cambron-Goulet/Métro

Quelques centaines de personnes de la diaspora burundaise ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Montréal. Ils dénoncent le fait que le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, brigue actuellement un troisième mandat malgré le fait que la limite de mandats présidentiels soit établie à deux par l’Accord de paix d’Arusha signé en 2000 après plusieurs années de guerre civile.

Dès le lendemain de l’annonce de la candidature du M. Nkurunziza le 26 avril dernier, des manifestations ont commencé au Burundi afin de dénoncer ce manquement à l’égard de la constitution. «On veut que la constitution soit respectée dans notre pays et on veut que le droit de manifester le soit aussi», a lancé Florette, une manifestante, en début de rassemblement. «Depuis le 26 avril, il y a eu 500 arrestations politiques, plus d’une dizaine de morts et plus d’une centaine de blessés», énumère le Burundais d’origine et porte-parole de l’événement, Amilcar Ryumeko.

La sécurité de la population est donc un enjeu majeur. M. Ryumeko dit craindre pour sa famille qui habite toujours là-bas. «Le premier jour des manifestations, un jeune de 17 ans a été tué, relate-t-il. Cela aurait pu être ma sœur qui a 25 ans et qui est au Burundi. On est inquiet.»

Il est parvenu à contacter sa famille, malgré que les réseaux sociaux aient été coupés dans le pays par le gouvernement. «[Ils me disent] que cela fait deux semaines que les étudiants ne vont plus à l’école, que les commerces et les bureaux sont fermés ; personne ne va au travail», raconte M. Ryumeko.

Des violences ont éclaté dans le pays avec des forces de l’ordre, mais aussi des partisans du président sortant. Ces affrontements ravivent les tensions dans ce pays qui a connu plusieurs années de guerre civile. «C’est cet accord qui a permis de faire disparaître les démons du passé, explique Amilcar Ryumeko. Il y a des gens qui veulent défendre cet accord là, mais il y a aussi des partisans du pouvoir qui essaie de faire passer le président.»  Selon lui, ces «accrochages sont inévitables» à cause de la troisième candidature du président.

Pour M. Ryumeko, il est primordial que la situation se rétablisse avant la tenue des élections qui sont prévues pour le 26 juin, sinon elles devraient être reportées. «Imaginez avoir des élections où des gens ne dorment pas la nuit, car ils sont en train de veiller à leur sécurité, dit-il. Les élections ne peuvent pas être libres et transparentes.» Il estime toutefois que le président Nkurunziza a peu de chances de l’emporter même s’il arrive à se présenter. «Le fait qu’il soit obligé de le faire de force nous montre qu’il ne compte pas gagner», juge-t-il.

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