Treize ans de mauvaises odeurs à LaSalle
Depuis 2002, des émanations nauséabondes provenant des bouches d’égout dérangent les citoyens de la 75e avenue à LaSalle alors que les travaux de construction d’une unité de traitement des odeurs pour corriger la situation sont suspendus depuis 2012.
Lors du passage de TC Media, plusieurs citoyens ont déploré la lenteur des démarches. «Ça fait un moment que ça dure. Ça sent surtout quand il fait chaud et humide», a décrit Nic Spaldene, un résident de longue date du quartier.
Selon Chawdy Warkas, qui habite la 75e depuis 2008, les odeurs sont plus fortes ces dernières années. «Au moins trois fois par mois, l’odeur est vraiment désagréable. Nous devons garder nos fenêtres fermées», explique-t-il.
La situation est particulièrement problématique entre la rue Airling et le boulevard LaSalle. «Plus on descend vers le boulevard, plus ça sent fort», précise Marie-Josée Déziel, une autre résidente du quartier.
Le 10 août, lors de la dernière séance du conseil d’arrondissement, un résident de LaSalle, Francesco Moreno, a longuement questionné la mairesse Manon Barbe à ce sujet. «Tant que ce dossier est devant la Cour, l’unité ne peut pas être réparée et remise en opération puisque c’est un élément de preuve», a-t-elle répondu au citoyen.
L’unité de traitement des odeurs relève des compétences de la ville-centre.
Aucune date fixée
La Ville de Montréal a annoncé le 29 juillet dernier qu’elle intentait une poursuite contre l’entreprise Sept Frères construction et la firme d’ingénierie Axor ainsi que la compagnie d’assurances de l’Amérique du Nord pour un total de 3,9 M$, toutes trois impliquées dans le dossier.
Selon une enquête menée par une firme engagée par la Ville, l’implosion du système de ventilation serait due à une mauvaise conception, à une fabrication déficiente et à une installation inadéquate.
La Ville réclame notamment le remboursement des honoraires versés à Axor, responsable de la certification LEED du bâtiment. Des travaux correctifs, évalués à 950 000$, devront être réalisés pour mener à terme le projet de 6 M$ débuté en 2009.
Les résidents de la 75e avenue ne sont toutefois pas au bout de leurs peines. «On doit attendre les nouveaux plans et devis pour régler le problème de l’unité de traitement des odeurs, il n’y a pas de solution temporaire possible» signale le relationniste de la Division des affaires publiques de la Ville de Montréal, Philippe Sabourin.
Au moment de mettre sous presse, les entreprises Sept Frères construction et Axor n’avaient pas répondu à nos demandes d’entrevue.