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Les cols bleus grévistes seront suspendus sans solde

Photo: Josie Desmarais/Métro

L’administration de Montréal passe de la parole aux actes: de sévères sanctions seront imposées à des dirigeants du Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal et à une multitude de syndiqués.

Les quelque 2400 cols bleus de Montréal qui se sont rassemblés mardi dernier au Palais des congrès, pendant les heures normales de travail pour une assemblée générale de deux heures, seront chacun suspendus pendant 5 jours sans solde.

Puisque la convention collective des cols bleus est valide jusqu’en 2017, l’administration de Montréal avait qualifié ce rassemblement de grève illégale la semaine dernière.

Les têtes dirigeantes du syndicat, dont la présidente Chantal Racette, seront quant à elles suspendues deux mois sans solde et chaque officier syndical pendant un mois.

Ces 2400 syndiqués, soit près de la moitié des cols bleus de Montréal, avaient débrayé pour dénoncer la loi 15 de l’Assemblée nationale qui est destinée à favoriser la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal.

La veille de ce rassemblement, une décision rendue par la Commission des relations du travail (CRT) les enjoignait pourtant de se rendre au travail normalement. «C’est une grève illégale. Retournez travailler», avait lancé le maire de Montréal, Denis Coderre, en point de presse quelques heures après le rassemblement.

La Ville de Montréal avait prévenu qu’elle entendait sévir contre ses cols bleus. Le maire disait alors qu’il allait étudier les recours avec la CRT et qu’il «enverra la facture» au syndicat pour une possible réclamation de dommages et intérêts. La décision de la CRT avait été déposée devant la Cour supérieure pour entreprendre des démarches d’outrage au tribunal.

Le maire a réitéré lundi matin la nécessité de ces mesures disciplinaires qui ont été connues en début de journée. «Une grève illégale, ce n’est pas acceptable. Il faut envoyer comme message que c’est tolérance zéro», a affirmé le maire.

L’opposition officielle, Projet Montréal, reconnaît qu’il s’agit d’une grève illégale qu’ils ne peuvent pas approuver, mais déplore la punition qui a été imposée aux cols bleus.

«De mettre une pénalité de cet ordre, de 4 à 5 jours de suspension pour une grève qui a duré de 30 à 40 minutes selon les personnes, c’est une stratégie d’exprimer l’autorité de l’administration sur les cols bleus. Les cols bleus ne vont pas reculer sur la base de cette première pénalité», a affirmé le chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez.

Il estime également que les services seront affectés par ces sanctions. «L’administration insiste pour que les pénalités soient livrées avant Noël. Ça veut dire que dans presque tous les arrondissements, c’est tous les employés de voirie qui seront absents pendant 4 à 5 jours. Les collectes d’ordure devront avoir lieu, donc c’est les nids de poule et la propreté des arénas et des installations sportives qui seront affectés», a regretté M. Ferrandez qui dit souhaiter que la punition soit étalée sur 6 mois.

Le maire de Montréal a dit lundi que les suspensions seront imposées «rapidement, mais selon la convention on a six mois pour le faire».

La présidente du syndicat, Chantal Racette, a réagi à ces sanctions en disant que le syndicat n’a que peu de marge de manoeuvre lorsqu’il souhaite prévoir une assemblée générale. «On a des horaires 7 jours sur 7. Donc, peu importe à quel moment on prévoit une assemblée, c’est toujours durant les heures de travail. Il y a du monde qui travaille le samedi, d’autres le jour, d’autres le soir», a-t-elle fait valoir.

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