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Pertinence et légitimité de la hausse?

Nous souhaitons par la présente justifier notre opposition à l’actuel projet de hausse des droits de scolarité du gouvernement Charest, que nous jugeons irresponsable et déraisonnable.

D’abord, l’insistance actu­elle sur les conséquences d’une augmentation de 1 625 $ sur les étudiants a comme effet pervers de détourner notre attention du problème initial : les universités québécoises sont-elles vraiment «sous-financées»?

Nous avons de bonnes raisons de penser, plutôt, que leurs budgets sont mal gérés et que leur vocation est en train de subir une profonde transformation dont nous redoutons les effets pervers.

Mis à part l’argument comparatif avec les universités des autres provinces canadiennes, les universités s’appuient sur l’argument des déficits des dernières années pour justifier la hausse des droits de scolarité.

La question des déficits soulève celle de la gestion saine des fonds déjà investis. Or, aucun mécanisme ne permet actuellement de vérifier en toute transparence la dépense efficiente des sommes publiques dans nos universités.

Les audiences de la Loi sur les établissements d’enseignement de niveau universitaire, prévues aux trois ans, ne réunissent autour de la table que les recteurs et quelques députés désignés par l’Assemblée nationale.

Des membres de la communauté universitaire aussi essentiels que des représentants des professeurs et des étudiants devraient aussi y siéger afin d’éclairer les décisions de leur connaissance spécifique de la situation et des besoins réels.

Dans leur mode de gestion actuel, les universités investissent des sommes importantes dans des aventures immobilières qui se terminent en queue de poisson, dans des budgets de publicité et de compétition internationale qui explosent et dans l’ouverture de nouveaux campus un peu partout sur le territoire québécois, à la manière d’entreprises privées qui se feraient compétition pour gagner des parts de marché aux dépens de leurs rivales.

De plus, une contribution accrue est demandée aux étudiants tandis que les hauts dirigeants des universités s’octroient des augmentations de salaire, et de généreuses primes et indemnités de départ.

Cette inadéquation fondamentale des fins et des moyens est foncièrement irresponsable et constitue selon nous une preuve supplémentaire du fait que les universités n’ont pas besoin tant de plus d’argent provenant des étudiants que de se doter de moyens pour mieux gérer l’argent dont elles disposent déjà.

Enfin, quand bien même le sous-financement des universités serait avéré, nous considérerions comme déraisonnable d’en faire porter la charge aux étudiants. Nous nous opposons avec conviction aux transformations que le gouvernement est en train d’imposer aux milieux de vie et d’apprentissage que sont nos universités.

Nous estimons qu’une instruction publique de qualité est une richesse inestimable et un vecteur extraordinaire d’émancipation pour notre société. Il est donc d’une importance capitale d’assurer que l’université québécoise demeurera accessible à tous.

Le système québécois d’éducation est un service public au même titre que le système de santé. Y faire régner le principe de l’utilisateur-payeur enfreint les principes d’équité et de justice sociale qui devraient gouverner notre vie en société.

Des étudiants des cycles supérieurs de la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal

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