Pas de bouffe de rue près du Marché Maisonneuve
Aucun camion de bouffe de rue ne s’installera devant l’ancien Marché Maisonneuve cet été. Après avoir rencontré des commerçants de la rue Ontario inquiets pour leur chiffre d’affaires, les élus de l’arrondissement ont choisi de retirer cet emplacement des quatre sites autorisés.
La rencontre entre les commerçants et les élus aurait permis de mettre la table vers une nouvelle vocation pour la place Gennevilliers-Laliberté.
Les commerçants saluent pour la plupart l’idée de la cuisine de rue, mais refusent de la voir s’installer dans leur cour.
«Dans le contexte difficile actuel où on fait des affaires, le fait d’avoir une concurrence déloyale est inacceptable. Comment se fait-il que les camions de bouffe de rue soient rendus à notre porte, dans des quartiers résidentiels à côté de petits commerces?», souligne le propriétaire du Hoche Café, Dominic Roy-Blanchette.
Le propriétaire du Bièrologue abonde dans le même sens.
«Nous faisons tellement d’efforts pour être là beau temps, mauvais temps, et pour créer un lien avec notre clientèle. On n’est pas un commerce de court terme qui arrive avec son camion, et qui sort ses burgers», fait valoir David Deschênes.
«Ça aurait pu être intéressant, mais plus loin. Moi, si j’ai M. Crème glacée qui s’installe au coin, c’est certain que ça va me nuire», lance la propriétaire de la pâtisserie Les gourmandises de Marie-Antoinette, Sarah Lebeau-Gish.
Au restaurant Bagatelle, bien établi depuis 10 ans, on se fait plus nuancé.
«On ne sait pas ce que ça aurait comme impact parce qu’on manque d’information. C’est important qu’il y ait toutes sortes de commerces autour de nous, en particulier à l’est de Pie-IX», affirme la copropriétaire, Rose-Marie Desjardins.
Vocation de la place publique
La décision des élus de retirer l’emplacement a été saluée par les commerçants. De meilleures idées seraient sur la table pour l’animation de la place publique, fait savoir le conseiller du district Hochelaga Eric Alan Caldwell.
«Notre but c’est toujours de mieux habiter les lieux, d’augmenter l’achalandage de cet espace public et d’Ontario. C’est dans cette optique qu’on avait mis la place pour un food truck. Je ne veux pas reculer sur l’animation de la place, qui a un potentiel extraordinaire», explique-t-il.
Le maire de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, a laissé entendre que des activités rassembleuses, comme des festivals, pourraient y être organisées.
Les commerçants sont prêts à participer à l’élaboration de ces nouvelles activités avec l’aide des élus.
«Pourquoi ne pas organiser des fêtes familiales ou laisser la place libre pour des spectacles d’artistes?, demande le propriétaire du Hoche-Café. On est en mesure de faire des choses extraordinaires sur la place du marché, même avec peu de budget.»
Information
Certains commerçants auraient souhaité être consultés avant que les élus ne proposent l’installation de camions de cuisine de rue à cet endroit, comme l’a été la Société de développement commercial (SDC) Promenades Hochelaga-Maisonneuve.
«Tout ça était public dans les documents de l’arrondissement. Les commerçants de ce tronçon ne sont pas réunis sous une société de développement commercial à l’est de Pie-IX», rétorque le conseiller Caldwell.
Les emplacements choisis ont été rendus publics au mois de décembre lors de la séance du conseil d’arrondissement.
La SDC a été consultée avant cette séance et a refusé l’arrivée de la bouffe de rue sur son territoire.
«On a suggère qu’il n’y en ait pas parce qu’on a plein de membres qui font de la bonne restauration et ce qu’on veut c’est que les gens viennent dans nos commerces locaux», fait valoir le directeur, Jimmy Vigneux.
En 2015, neuf sites étaient autorisés dans l’arrondissement. Mais les conseillers et le maire, constatant les résultats décevants des camions de rue, ont choisi lors de cette séance de ne pas renouveler la plupart de ces emplacements et de n’autoriser que quatre points de vente.
Il n’y en a maintenant plus que trois, dont un seul dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.
Les camions de nourriture de rue s’installeront, avec le retour du beau temps, aux intersections du boulevard de l’Assomption et de la rue Chauveau, des rues Sherbrooke et de Contrecoeur et des rues Sainte-Catherine et Moreau.