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Le Service de police de la Ville se penchera sur les incidents haineux

Sécurité. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a affirmé mercredi vouloir se pencher sur les incidents à caractère haineux, et a annoncé hier la mise sur pied d’un module spécial pour le faire.

Les incidents à caractère haineux sont des actes non criminels à caractère haineux envers une personne en raison de «sa race ou son origine ethnique, sa langue, l’incapacité mentale ou physique, l’orientation sexuelle ou tout autre facteur similaire», selon le SPVM.

Une définition de ce type d’incident n’existant pas au Code criminel, le SPVM a du en créer une. Injurier une personne dans la rue pour son orientation sexuelle serait considérée un incident à caractère haineux, par exemple.

Les services policiers montréalais enquêtaient déjà sur les crimes haineux, mais entendent maintenant porter une «attention particulière» à ces incidents non criminels. Le chef du SPVM, Philippe Pichet, a prévenu que des incidents à répétition peuvent constituer du harcèlement ou de l’intimidation.

Un analyste et deux enquêteurs seront affecté au nouveau module incidents et crimes haineux, qui tâchera de récolter et analyser des informations sur ce type d’événement à Montréal. Selon M. Pichet, il s’agit de la seule initiative du genre au Québec.

Les analyses serviront à mettre en place de nouvelles stratégies de prévention, a-t-il affirmé.

«L’avantage de cette approche centralisée, [c’est qu’on va] pouvoir faire une analyse approfondie de toutes les situations pour déterminer s’il y a des impacts significatifs sur le sentiment de sécurité de la communauté», a rajouté M. Pichet.

Il a laissé entrevoir que le SPVM pourrait demander du financement ou des ressources supplémentaires aux gouvernements provincial et fédéral si jamais le besoin se faisait sentir.

«On a hâte de voir le portrait des incidents haineux à Montréal, a déclaré M. Pichet. Un incident ou un crime haineux, ce n’est pas juste un chiffre. Il y a avant tout un être humain qui est touché, et sa communauté est aussi touchée.»

Selon le maire de Montréal, Denis Coderre, la création du nouveau module s’inscrit dans la suite logique du sommet sur le vivre ensemble, qui a eu lieu à dans la métropole il y a un peu moins d’un an.
«Il y avait un besoin un réel, a-t-il assuré. De tels incidents ont des effets sur les victimes. Ils peuvent être précurseurs de crimes plus graves.»

Le maire a invité les citoyens qui sont victimes d’incidents du genre ou qui en sont témoins de les dénoncer «sans hésitation». Les communautés pourront elles aussi signaler des incidents haineux au services policiers, a-t-il ajouté.

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