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18:45 3 mars 2019 | mise à jour le: 3 mars 2019 à 22:57

Véronique Hivon revient sur son refus de remplacer Lisée au PQ

Véronique Hivon revient sur son refus de remplacer Lisée au PQ
Jean-François Lisée et Veronique Hivon. Photo: La Presse canadienne

Dans un souci «de transparence», l’ancienne vice-chef du Parti québécois (PQ), Véronique Hivon, est revenue dimanche sur les dires de Jean-François Lisée, qui a soutenu vendredi lui avoir offert son poste «à deux reprises» avant les élections du 1er octobre dernier, dans un long texte publié sur le site du magazine «L’Actualité».

«Aux deux reprises, le plan de Jean-François [Lisée] ne pouvait selon moi tenir la route, d’abord et avant tout parce qu’il ne pouvait se concrétiser en conformité avec un élément fondamental: les règles démocratiques», a-t-elle martelé dans une publication Facebook qui a fait beaucoup réagir sur la Toile dimanche. 

La députée de Joliette confirme que l’ancien chef péquiste lui a proposé son poste pour la première fois en décembre 2017, avant même qu’elle ne devienne vice-chef. «[Il] disait vouloir me céder la place, par un couronnement. Or, ce scénario faisait abstraction d’un élément incontournable. Il ne revenait pas à Jean-François de pouvoir décider seul de la personne qui lui succéderait s’il démissionnait», a-t-elle détaillé, pointant vers Alexandre Cloutier qui n’avait pas «encore annoncé son intention de ne pas se représenter» à l’époque.

Après lui avoir exposé son argumentaire, Mme Hivon avance que Jean-François Lisée aurait alors choisi «de demeurer à la tête» du Parti Québécois.

L’été dernier, quand M. Lisée a demandé une nouvelle fois à la députée de prendre son poste, le contexte n’était pas plus propice, d’après la principale intéressée. «La fenêtre du Conseil national de mai […] étant refermée, une démission et un remplacement le 15 août, à une semaine du déclenchement du scrutin, tel que souhaité et scénarisé par Jean-Francois, auraient été dépourvus de toute validation», a-t-elle considéré.

D’après Véronique Hivon, un tel exercice aurait «envoyé au front» en pleine campagne «une personne qui aurait été chef intérimaire parlementaire, la minant instantanément dans sa légitimité». «À minuit moins une, ne reposant pas sur les règles démocratiques qui gouvernent notre parti, ce plan ne pouvait encore une fois tenir la route», a-t-elle laissé entendre. Le risque était «très grand», d’après l’élue provinciale, «qu’un tel changement créé une zone de turbulence importante» à l’interne au Parti Québécois. «Un état d’instabilité, en plus de véhiculer une impression de désorganisation complète, voire de panique», a-t-elle illustré.

Il y aurait eu une pointe de cynisme, ce cynisme que je cherche tant à combattre, à remplacer le chef à une semaine du déclenchement de l’élection, comme s’il s’agissait seulement de mettre une nouvelle tête in extremis, et que le chef se résumait à une image, et non une personne qui a au moins un minimum de temps pour donner une impulsion particulière.» -Véronique Hivon, députée de Joliette

Malgré tout, l’ancienne vice-chef de la formation souverainiste dit aujourd’hui vouloir «regarder vers l’avant», pour «relancer notre mouvement» avec «ceux et celles qui croient que l’indépendance […] vaut la peine qu’on se batte».

Dans son texte publié vendredi, M. Lisée estime que deux facteurs ont contribué à nuire au PQ: la crise au Bloc québécois et les discussions sur la mort éventuelle du parti.

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