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Garderies: O’Toole annulerait-il l’entente de 6 G$ pour les CPE?

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, et sa femme Rebecca O'Toole, arrivent aux bureaux de TVA pour le débat des chefs. Photo: Josie Desmarais/Métro

Le premier débat des chefs en français des quatre principaux partis, diffusé sur les ondes de TVA, n’a pas accouché d’une joute très tendue, mais le thème du financement des centres de la petite enfance (CPE) et le déclenchement des élections ont marqué les échanges. 

Erin O’Toole s’est refusé à éclaircir sa position sur l’entente de 6 G$ entre Ottawa et Québec concernant des places en garderie. Il s’est contenté de répondre systématiquement qu’il collaborera avec le Québec et qu’il respectera les compétences provinciales.

Le chef conservateur n’a pu dire ce qu’il adviendrait de cette entente si son parti formait le prochain gouvernement. Il a rappelé que son programme mettrait «de l’argent dans les poches des familles québécoises» avec des crédits d’impôt.

«Les crédits d’impôt ne créent pas de places en garderie», a répliqué Justin Trudeau.

«Erin O’Toole détourne la question et je peux vous dire que Québec n’obtiendra pas les 6 G$ avec le Parti conservateur». 

Justin Trudeau, chef du Parti libéral

Cette entente de 6 G$ donne au Québec l’équivalent de 37 000 places en garderie, sans conditions. Justin Trudeau avait signé cette entente avec le gouvernement Legault après avoir annoncé un programme fédéral de garderies. 

Élections «inutiles»

Le déclenchement des élections a vampirisé plusieurs passages du débat des chefs. Les chefs bloquiste, conservateur et néo-démocrate ont, à tour de rôle, égratigné le chef libéral sur cette décision. 

«Les gens ont voté pour un mandat de quatre ans. [L’élection] est inutile.»

Jagmeet Singh, chef du NPD

Justin Trudeau justifie sa position en expliquant que le Canada est une démocratie solide. «Nous vivons une période unique et les Canadiens ont le droit d’exprimer quel futur ils veulent. 80% des Canadiens ont fait leur job [vaccination], ce n’est pas parce que 20% ne le font pas que l’on ne peut pas avoir une vie démocratique.»

Justin Trudeau avait expliqué que l’une des raisons du déclenchement des élections provenait en partie du fait que le processus électoral en chambre était ralenti ou obstrué par le Parti conservateur. 

Le Canada sera-t-il vert?

À leur arrivée au studio de TVA, les chefs des principaux partis ont été vigoureusement accueillis par des militants écologistes. Ceux-ci réclament l’arrêt des subventions aux énergies fossiles.

M. Singh, M. Blanchet et M. Trudeau ont tous promis la fin des subventions dans leurs programmes électoraux. Le chef libéral veut toutefois une transition. Les profits qui seront engendrés notamment par l’oléoduc Trans Mountain, acquis par le gouvernement fédéral, seront tous réinvestis dans l’énergie verte, soutient Justin Trudeau.

Quant à M. O’Toole, son plan «vert» envisage le respect des accords de Paris et la carboneutralité en 2050. «On a déjà rehaussé les objectifs climatiques. M. O’Toole propose de reculer», réplique toutefois le premier ministre sortant.

Jagmeet Singh estime que ni les libéraux ni les conservateurs ne promettent des mesures suffisantes. «On a le choix entre du pétrole et beaucoup de pétrole», a-t-il lancé.

Yves-François Blanchet a souhaité clarifier sa position sur le fameux 3e lien de Québec. Celui-ci affirme que, contrairement aux unes qu’il a pu lire, il ne soutient pas aveuglément le projet, mais considère qu’il peut devenir plus écologique. De son côté, M. Singh est catégorique: «Le fédéral ne mettra pas d’argent là-dedans», affirme-t-il.

La minorité, vertu pour le Québec 

Le chef bloquiste appelle les Québécois à le soutenir, car ce serait une façon de garantir un gouvernement minoritaire. «Dans ce contexte minoritaire, le Bloc est allé chercher des gains pour le Québec», a-t-il dit.

Au contraire, Justin Trudeau demande aux Québécois de lui donner la possibilité de réaliser un «mandat fort». Celui-ci n’a pas précisé s’il s’agissait d’un gouvernement majoritaire.

M. O’Toole propose un vent de changement. «Il est temps d’agir», a-t-il lancé.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh propose aux Québécois «d’oser» avec lui. «Un gouvernement NPD investira dans les vraies gens», promet-il.

Finalement, la place du français n’a pas créé de situation tendue puisque les chefs s’accordent tous sur son importance.

M. O’Toole veut appliquer la loi 101 dans les institutions fédérales du Québec. M. Singh vante l’importance de la francisation pour les nouveaux arrivants grâce à des «investissements», alors que M. Trudeau veut défendre le français au Québec et partout au pays.

Le prochain débat des chefs en français aura lieu le 8 septembre au Musée canadien de l’histoire à Gatineau.

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