Le marché du travail va mieux?
Déjà une moitié d’année derrière nous! Et un bilan économique provisoire montre que la reprise, quand reprise il y a, demeure à géométrie variable.
L’Europe tente de survivre aux crises grecque, portugaise, irlandaise et autres, qui mettent en danger sa stabilité, alors que les États-Unis, eux, cherchent encore à se redresser; d’un autre côté, le Brésil s’affirme comme une puissance montante, et la Chine cherche plutôt à modérer sa croissance. Heureux problème.
Et nous? Apparemment, la récession est chose du passé. Les récentes données sur l’emploi signalent que la machine est bien repartie. Mais les chiffres les plus rutilants peuvent masquer des faiblesses…
La toute nouvelle édition de l’Annuaire québécois des statistiques du travail signale que le marché québécois du travail a été vigoureux en 2010, comme le montre la création de 66 700 emplois. C’est plus de deux fois le total de qui avait été perdu en 2009, alors que la récession avait causé la disparition de 32 000 emplois. À première vue, la remontée est impressionnante, surtout si on considère que les États-Unis, dont la population est 40 fois plus importante, ne sont même pas arrivés à en produire 1 million.
Mais… quelques bémols s’imposent. Plus de la moitié de ces nouveaux emplois québécois sont à temps partiel. Travailler 15 ou 20 heures par semaine peut convenir si on est aux études ou si on ne veut pas être pris du matin au soir; c’est cependant insuffisant, par exemple, pour assurer les besoins d’une famille. On doit alors mettre bout à bout quelques jobs pour obtenir un revenu convenable. Une économie qui ne livre pas des emplois solides à temps plein demeure une économie en convalescence.
Qui plus est, le Québec continue de perdre des emplois manufacturiers alors qu’il en gagne dans le secteur des services. Or, les premiers sont souvent mieux payés. Cela dit, tout dépend de quel secteur des services on parle. L’industrie financière paie mieux que le secteur de la restauration minute. Il n’est donc pas étonnant que la hausse moyenne de rémunération, l’an dernier, ait été la plus faible de toute la décennie 2001-2010.
Et pour les mois à venir? Les premières indications sont encourageantes. L’industrie minière prévoit des investissements record. Le monde de l’aéronautique engrange les commandes. Le secteur des télécoms est sur une belle lancée. Les finances publiques sont en train de s’assainir. Il va falloir tenir compte des hauts et des bas de l’économie mondiale, mais, à moins d’un écroulement généralisé, l’année 2011 devrait être souriante pour le Québec.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.