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Des hommes immigrants recherchés pour la deuxième cohorte d’Hommes-relais

Les participants de la première cohorte du programme Hommes-relais du Carrefour de ressources en interculturel (CRIC) à Montréal ont conclu leur formation. De gauche à droite: Youssouf Fofana, Adrian Martinez, Ahmed Z I Hammouda, Pierre Wilu Wilu et Navid Mahmoodi (formateur). Le CRIC recrute actuellement des hommes pour former la deuxième cohorte du programme qui débutera au mois de février. Photo: CRIC

Le Carrefour de ressources en interculturel à Montréal (CRIC) souhaite recruter la deuxième cohorte de son programme Hommes-relais, créé à l’instar du projet phare Femmes-relais. Ce programme de formation vise à favoriser l’intégration professionnelle, sociale et familiale des immigrants au sein de la société québécoise et à les outiller pour qu’ils puissent devenir à leur tour des ressources aidantes pour leurs pairs.

Le volet féminin contribue depuis plus d’une décennie à l’insertion socioprofessionnelle d’une douzaine de femmes chaque année. Le CRIC a mis en branle le volet masculin du projet, destiné aux hommes immigrants qui parlent le français et au moins une autre langue, en septembre dernier.

Ce programme permet aux hommes-relais de se familiariser avec l’implication citoyenne et de développer des compétences en relation d’aide. Au besoin, ils sont également soutenus dans l’élaboration d’un plan d’action personnel pour un retour aux études, au travail ou tout autre projet d’entrepreneuriat ou de bénévolat.

«Nous souhaitions intégrer le volet masculin depuis plusieurs années, mais c’est difficile de recruter des hommes dans le milieu communautaire, et surtout des immigrants. Nous visons à accueillir 8 à 10 hommes pour la deuxième cohorte qui débuterait en février», explique Veronica Islas, directrice générale du CRIC.

Les hommes sont moins portés à demander de l’aide, surtout dans certaines cultures. C’est donc important que les participants puissent s’y reconnaître, que des hommes immigrants puissent en soutenir et en inspirer d’autres.

Veronica Islas, directrice générale du Carrefour de ressources en interculturel

Le programme, d’une durée de quatre mois, à temps partiel, consiste en une formation et un stage à vocation sociale non rémunéré durant lequel les participants accompagnent, dans leur langue maternelle, des personnes et des familles nouvellement arrivées.

À la fin de leur parcours, les participants reçoivent une attestation du Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP) et une attestation du CRIC les reconnaissant comme Agents de liaison communautaire.

S’outiller pour aider

«Cette formation rejoint mes convictions et le travail que je fais», soutient Youssouf Fofana, imam à la mosquée Tawuba, située dans le quartier Centre-Sud, à Montréal.

M. Fofana se réjouit d’avoir pu acquérir des outils pour mieux diriger les réfugiés et les familles de sa communauté vers les ressources dont ils ont besoin.

Imam Youssouf Fofana. Crédit photo : Carrefour de ressources en interculturel

«Parfois, on oublie [ce qu’on a vécu] quand on est arrivés ici. La formation m’a permis de revenir en arrière et de mettre les pieds dans les chaussures des nouveaux arrivants pour savoir comment mieux les accompagner», nous confie le Guinéen de 55 ans, établi au Québec depuis plus de deux décennies. Celui-ci est en mesure d’offrir un accompagnement en français, en arabe, en anglais, en malinké et en soussou.

Diversifier ses connaissances

La formation à trois volets est offerte en partenariat avec le Centre de services scolaire de Montréal et plusieurs organismes communautaires. Elle permet aux participants d’acquérir des connaissances en lien avec la communication interculturelle, le fonctionnement des systèmes scolaire et de santé québécois, des normes du travail et des ressources communautaires et publiques, entre autres.

«J’ai acquis une plus grande confiance en moi grâce à la formation. Je me sens plus aguerri pour aider d’autres immigrants à comprendre les rouages de la société québécoise et à s’y intégrer», soutient Pierre Wilu Wilu, grand-père de 74 ans originaire de la République démocratique du Congo, qui a choisi de suivre la formation au CRIC pour pouvoir mettre son expérience au service d’autres immigrants.

Pierre Wilu Wilu. Crédit photo : Carrefour de ressources en interculturel

«La formation m’a aidé à connaître les ressources qui me permettent d’aider les gens qui ont besoin de savoir comment inscrire leurs enfants à l’école, trouver une banque alimentaire ou chercher un emploi ou un logement», poursuit M. Wilu Wilu, qui apprécie notamment les connaissances acquises en lien avec les paliers gouvernementaux, le développement personnel, le pouvoir d’agir, les minorités sexuelles, les droits des femmes et l’encadrement des jeunes.

Engagé activement dans sa communauté et sa paroisse depuis son arrivée à Montréal il y a quatre ans, l’homme-relais congolais est en mesure d’offrir un accompagnement en français, lingala, swahili et kikongo.

Donner au suivant pendant sa retraite

«Je voulais occuper un peu de mon temps sans devoir nécessairement m’engager dans du bénévolat à temps plein, parce que je donne encore quelques cours et j’aime garder du temps pour faire d’autres activités», dit Adrian Martinez, professeur de piano retraité de l’École de musique Vincent-d’Indy.

«[La formation] est très intéressante même si l’on habite à Montréal depuis longtemps, parce qu’on ne connaît pas tous les organismes. Nous ne pouvons pas résoudre tous les problèmes des gens, mais nous sommes en mesure de les diriger vers ceux qui peuvent les aider», dit M. Martinez, établi au Québec depuis 2003.

Adrian Martinez. Crédit photo : Carrefour de ressources en interculturel

L’Argentin de 63 ans a suivi la formation pour pouvoir venir en aide occasionnellement à d’autres personnes dans sa langue maternelle, l’espagnol. Il se réjouit d’avoir pu aider, pendant son stage, des immigrants qui avaient besoin d’un interprète.

«J’ai accompagné une femme qui avait besoin de parler avec la professeure de son enfant et un homme qui devait faire des démarches pour son permis de conduire», dit-il avec fierté.

Le CRIC organise une séance d’information sur le programme Homme-relais le 18 janvier, de 18h à 21h, au 2240, rue Fullum, afin de recruter des hommes immigrants souhaitant participer à la prochaine cohorte débutant au mois de février. Il est possible de s’inscrire en écrivant à l’adresse hr@criccentresud.org.

Ce texte a été produit dans le cadre de L’Initiative de journalisme local.

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