Soutenez

Retour vers le futur… de la mode

Photo: Collaboration spéciale

Le rêve de l’espace a inspiré beaucoup de designers depuis une cinquantaine d’années. Mais aujourd’hui, à Montréal, la tendance s’est transformée.

Un manteau qui s’ajuste à la taille et qui possède un système de séchage intégré. Des souliers qui s’attachent automatiquement lorsqu’on glisse le pied dedans. Des lunettes en aluminium et une cravate en cellophane. Voilà la vision qu’avait Robert Zemeckis de la mode en 2015 dans son film Retour vers le futur II, en 1989.

Aujourd’hui, à l’aube du «futur», de tels éléments ne sont pas (encore) dans notre quotidien. Pourtant, certains designers, comme Pierre Cardin et Paco Rabanne, semblent s’inspirer depuis toujours d’une tendance futuriste pour créer leurs collections. Qu’en est-il à Montréal en 2012?

«Je ne crois pas que la tendance futuriste soit très présente en ce moment au Québec, avance Ying Gao, designer et professeure à l’École supérieure de mode de l’UQAM. Ce sont plutôt certains designers européens qui ont cette démarche.»

Si la spécialiste reconnaît qu’il y a eu un engouement pour la tendance futuriste dans les années 1960, elle n’associe pas nécessairement cette tendance à un mouvement artistique, mais plutôt à une démarche propre au créateur. «Je pense que, contrairement à d’autres mouvements, d’autres modes, le grunge par exemple, qui ont vraiment raffiné la société, ce genre de mouvement est très personnel.»

Chez certains créateurs montréalais, la tendance serait plutôt «rétro-futuriste». «Il s’agit plutôt de l’interprétation qu’on faisait du futur dans les années 1950-1960», explique Judith Desjardins, designer des lignes Bodybag et Jude. L’épaulette et le rappel de l’armure sont donc à l’honneur dans ses collections. «Avec Bodybag, on travaille beaucoup avec des coupes structurées, des longueurs et des silhouettes rétro», ajoute-t-elle.

La créatrice montréalaise dit trouver ce mouvement très inspirant. «C’est intéressant d’aller voir comment les gens voyaient le futur dans ces années-là. Parce que, maintenant, on est rendus dans le futur; donc c’est amusant de revisiter cette vision, de la réinterpréter.»

Mais une fois qu’on aura dépassé le futur, que se passera-t-il? «Le futur, c’est quelque chose qui nous angoisse, qui nous intrigue, c’est ce qui nous fait vivre aussi, affirme Ying Gao. On est rarement dans le présent. Donc, je crois que c’est une tendance qui sera toujours présente. Sans devenir une tendance forte, elle ne disparaîtra jamais.»

Inspiration: le film Barbarella
Judith Desjardins dit s’être beaucoup inspirée des costumes du personnage de Jane Fonda dans le film Barbarella, sorti en 1968, pour ses collections. Le film, adapté d’une bande dessinée, se déroule dans l’espace. «Jane Fonda a plein de kits originaux, qui rappellent l’armure, et c’est une inspiration qui revient assez souvent dans nos collections.»

Ying Gao : des vêtements qui bougent!
Pour Ying Gao, l’inspiration vient du multimédia et de l’architecture. La créatrice travaille sur des projets de vêtements interactifs : activés par une source extérieure, comme la lumière ou le souffle, les vêtements se mettent à bouger. «J’aime beaucoup incorporer des choses qui ne font pas partie de la mode ou du vêtement en tant que tel dans mes créations, explique-t-elle. Ce n’est pas nécessairement le futur qui m’intéresse, mais plutôt les probabilités. Et les probabilités, je les ancre davantage dans le lendemain que dans l’avant-hier…»

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.