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Le point sur l'allocation de votre enfant

Valérie R. Carbonneau - Métro

À l’heure où tout se paie, devrait-on récompenser nos jeunes pour leurs réussites? Ou alors, devrait-on simplement leur accorder une allocation pour leur participation aux tâches ménagères à la maison? Voici quelques pistes pour les aider à intégrer le monde des adultes tout en gérant leur consommation.

«L’allocation en elle-même n’est pas problématique. Ce sur quoi on doit se pencher, c’est la manière dont le parent l’utilise», selon la psychologue au Centre de psychologie prévention et de développement humain Solange Delorme. «Par exemple, continue-t-elle, le parent qui paie tout pour son enfant et lui donne en plus une allocation ne lui apprend rien de plus qu’à consommer.» Mme Delorme précise que bien que cette formule ne soit pas mauvaise en soi, elle a certainement ses limites.

De même, les parents qui donnent systématiquement une allocation à leur enfant pour qu’il effectue certaines tâches familiales n’ont pas trouvé la formule gagnante non plus. C’est qu’ils le récompensent plutôt que de lui envoyer le message que c’est important de participer à la vie familiale, point.

Évidemment, on peut récom­penser l’enfant s’il contribue au bien-être général, à «l’Å“uvre globale», pour reprendre les termes de Mme Delorme. «Quand on contribue à l’Å“uvre globale, souvent on reçoit une forme de compensation et c’est, selon moi, la forme la plus intéressante de l’alloca­tion», dit-elle. Un peu comme l’adulte qui va travailler pour gagner de l’argent et assurer sa survie, mais qui fera du bénévolat dans d’autres contextes.

Pour appuyer ses dires, la psychologue raconte le voyage qu’elle a fait avec un couple et son enfant de sept ans qui voulait tout posséder. La stratégie qu’elle a proposée au couple : accorder une allocation à l’enfant pour qu’il puisse acheter lui-même ses trucs. «Il faut lui apprendre comment consom­mer et comment gérer sa consommation, fait-elle valoir. Ainsi, quand il ne reste plus d’argent, c’est terminé.» Comme dans la vraie vie.

Attention aux associations erronées que pourrait établir l’enfant. Paie-t-on un ami parce qu’il est gentil? Non. Il est surtout nuisible de se servir de l’argent comme façon de faire preuve d’affection et d’appréciation. On n’a pas à récompenser le jeune simplement parce qu’il est gentil ou parce qu’on l’aime.

Une allocation pourrait servir à se procurer des gâteries : à se faire des réserves de bonbons au dépanneur, à acheter des vêtements un peu plus chers ou encore, à se procurer le dernier disque de Lady Gaga, par exemple.

Ou encore, elle pourrait récompenser le jeune qui effectue des tâches plus ponctuelles, comme peinturer des murs ou laver les vitres, étant donné qu’on paierait quelqu’un pour le faire de toute manière. Mais, il est déconseillé de payer l’enfant pour l’inciter à prendre ses responsabilités (faire son lit chaque matin, par exemple).

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