Tremblay s'attaque aux retraites
La caisse de retraite des employés de la ville est en difficulté. Pour y remédier, le maire propose des solutions. Les syndicats s’insurgent.
«Si rien n’est fait, le coût des régimes de retraite va passer à 512 M$ en 2012, la capacité de payer des contribuables est à sa limite», a déclaré mercredi le maire Gérald Tremblay. Déjà, les retraites ont pompé, en 2010, avec 326 M$, près de 10% du budget de la Ville. Pour éponger la hausse appréhendée pour 2012, il faudrait augmenter le fardeau fiscal des Montréalais de 4,5 %.
Comment en est-on arrivé là ? Les 47 000 participants au régime de retraite vivent de cinq à dix ans plus longtemps qu’en 1970, au point où certains passent plus d’années à la retraite qu’au travail, ce qui plombe la caisse évaluée à 9 G$.
Or les employés municipaux sont bien plus avantagés financièrement que les employés de l’État. Les caisses de retraite ont généralement perdu beaucoup de plumes pendant la dernière crise financière (-17% en 2008) et beaucoup de temps et d’énergie ont été mis à harmoniser les différents régimes de retraite après les fusions municipales, a expliqué Jean-Yves Hinse, responsable du capital humain à la Ville.
Pour redresser la caisse de retraite, l’administration Tremblay envisage trois axes. Le premier consiste à reculer l’âge de la retraite qui peut-être prise en majorité après 30 années de travail. Le maire n’a pas voulu préciser de combien : «Il faut regarder la spécificité de chaque emploi, a-t-il répondu.
Autre mesure, la Ville voudrait que la contribution à la caisse de retraite se fasse à 50-50 et non pas 70-30 comme actuellement. Enfin, la Ville voudrait que soit adopté un régime de prestations cibles où une partie pourrait fluctuer en fonction de la situation économique du régime de retraite.
Les pistes de solution avancées par la Ville ont fait rugir les représentants syndicaux. «On trouve déplorable de politiser le débat sur les retraites en utilisant des arguments démagogiques», a répondu le président du syndicat des cols bleus, Michel Parent, qui précise que des négociations sont en cours parce que le problème est réel.
L’objectif pour 2012 est d’économiser 50 M$ par année. Ces mesures ne concernent pas les employés déjà à la retraite.