Investir sans risque… ou presque
«C’est toujours comme ça. La tendance du marché influence grandement le comportement des investisseurs. S’il est à la baisse, les gens deviennent plus conservateurs», affirme Richard La Ferrière, chef de région, planification financière pour le Québec auprès de TD Waterhouse.
Mais est-il possible d’investir sans risque? Selon Brigitte Felx, planificatrice financière pour la Banque Royale du Canada, cela dépend de notre définition du risque. Certaines personnes considèrent en effet qu’acheter des actions est trop risqué. D’autres sont d’avis que le risque n’est pas associé à la Bourse autant qu’à certains secteurs de l’économie, comme les nouvelles technologies. «Lorsqu’il est question de risque, il est important de se questionner sur l’émetteur. Si ce dernier a une bonne crédibilité, notre investissement sera moins risqué», ajoute M. La Ferrière.
Concrètement, pour ceux qui veulent à tout prix éviter les mauvaises surprises, il y a les certificats de placement garantis (CPG). «Avec ça, l’investisseur est vraiment blindé, puisque son capital, de même que son rendement sont garantis», précise Jean-Rémy Deschênes, responsable affaires en gestion du patrimoine au Mouvement Desjardins. Plusieurs termes (1 an, 3 ans, 5 ans, etc.) sont disponibles et, règle générale, plus l’échéance est lointaine, plus le taux d’intérêt est élevé.
Pour les investisseurs un peu plus audacieux, il existe les CPG liés au marché. Avec ce type de placement, le capital est toujours garanti, mais le rendement, lui, ne l’est pas. «Donc le pire qui peut arriver, c’est de n’avoir aucune croissance», explique M. Deschênes.
Parmi les autres stratégies conservatrices, mentionnons également les obligations d’épargne (comme celles émises par les gouvernements du Québec et du Canada) et les bons du Trésor. «Ces placements sont considérés comme très sûrs, puisqu’ils sont émis par l’État. Or, il serait très surprenant que le Canada fasse faillite demain matin», dit M. La Ferrière.
Mais comme le rappelle M. Deschênes, la sécurité a un prix. «Moins un placement est risqué, moins son potentiel de croissance est important. C’est d’ailleurs là le problème: si le rendement est inférieur au taux d’inflation, il y a appauvrissement.» Selon lui, une bonne façon d’éviter cet effritement du pouvoir d’achat consiste à diversifier son portefeuille. «Comme le dit le proverbe, il ne faut pas mettre tous ses Å“ufs dans le même panier!»
Votre profil d’investisseur
Pour élaborer une stratégie de placement adaptée à vos besoins, votre planificateur financier doit dresser votre profil d’investisseur. Ce dernier peut être influencé par les facteurs suivants.
- 1 Vos objectifs
Certains projets de retraite coûtent plus cher que d’autres. «Le retraité qui souhaite faire le tour du monde aura besoin de beaucoup plus d’argent que celui qui prévoit rester bien pépère sur sa berceuse!» illustre Jean-Rémy Deschênes.
- 2 Votre horizon de placement
Tous ne prennent pas leur retraite à 65 ans. Certains veulent rester en poste jusqu’à 70 ans, alors que d’autres rêvent de la fameuse «liberté 55». Votre stratégie de placement doit tenir compte du nombre d’années durant lesquelles vous pourrez cotiser à votre REER.
- 3 Votre tolérance au risque
Lorsque les marchés chutent radicalement, certains investisseurs parviennent à garder leur sang-froid. Mais pour d’autres, c’est la panique. «Le meilleur placement est celui qui vous permettra de dormir sur vos deux oreilles», rappelle M. Deschênes.
- 4 Vos connaissances en matière de placements
Il est essentiel de bien comprendre ce dans quoi on choisit d’investir, insiste Richard La Ferrière. Si le monde de la finance n’a plus de secrets pour vous, une stratégie de placement conservatrice ne vous conviendra peut-être pas.