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Les attentes envers Éric Duhaime sont basses

Il pourrait sembler étrange à la moyenne des ours de constater que les déboires d’Éric Duhaime quant à ses comptes de taxes non payés fassent davantage couler d’encre que ses propositions politiques. Celles, par exemple, de raviver le projet GNL Québec, d’éliminer à terme le financement public des garderies, ou de faire passer une autoroute sur l’île d’Orléans.

Pire: on remet sous le nez d’Éric Duhaime ses comptes de taxes non payés, mais on fait abstraction de ses nombreuses déclarations gênantes du passé. Celles du Éric Duhaime qui ne voit aucun problème à envoyer une tête de porc ensanglantée à un centre islamique. Le Éric Duhaime qui compare un viol à un vol de voiture dont on aurait laissé les portes débarrées. Le Éric Duhaime qui voulait moduler les droits de vote en fonction des revenus. Éric Duhaime n’a pas de squelettes dans son placard: il a un ossuaire à ciel ouvert exposé à la vue de tous.

Pourtant, le parti conservateur d’Éric Duhaime talonne la CAQ dans plusieurs circonscriptions. Est-ce que ça veut dire que les gens de la région de Québec où le PCQ a des possibilités de gain sont insensibles aux propos méprisants d’Éric Duhaime envers les pauvres, les femmes ou les immigrants? Ou est-ce qu’on est simplement plus habitués d’entendre des propos choquants de sa part?

Nos attentes envers le chef du Parti conservateur ne sont pas les mêmes qu’envers les autres politiciens plus lisses qui tentent de rallier davantage en évitant les propos choquants. On s’attend à ce qu’un personnage comme Duhaime soit provocateur. C’est sa marque de commerce. C’est ce qui a permis à un individu comme Donald Trump d’être complètement téflon à la controverse. Trump disait qu’il pourrait tuer des gens sur la 5e avenue sans perdre de vote et il avait pratiquement raison. Il a dénigré un journaliste handicapé, tenu des propos racistes et misogynes et s’est vanté d’attraper des femmes par la chatte sans jamais en payer le prix. À l’inverse, nos attentes sont démesurément élevées envers les politiciens qui se présentent comme étant vertueux. On a remis en question l’utilisation de l’expression «blé d’inde» par Manon Massé et reproché à Catherine Dorion d’utiliser un petit VUS. On l’aurait fait même si l’ensemble de la députation s’était déplacée en pick-up. C’est ce que j’appelle le gap des attentes.

Ce gap est tout à l’avantage d’Éric Duhaime. Non seulement on s’attend à ce qu’il soit choquant, chez une certaine partie de la population qui se sent jugée quand elle tient de tels propos ou adhère à des opinions soi-disant impopulaires, des gens comme Éric Duhaime disent tout haut ce qu’ils pensent tout bas. «He tells it like it is», disait-on de Trump. Nos attentes sont aussi basses en termes de résultats. À ce jour, le parti conservateur du Québec n’a jamais récolté de siège à l’Assemblée nationale ou grimpé à plus de 2% dans le vote populaire. S’il ne remportait qu’un seul siège le 3 octobre prochain, Éric Duhaime fanfaronnerait. Avec 17% d’intentions de vote selon l’agrégateur Québec125, Éric Duhaime a déjà gagné ses élections. Difficile de perdre, quand les attentes sont si basses.

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