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Anglade et le PLQ limitent les dégâts à Montréal, perdent ailleurs

Dominique Anglade dans un local du PLQ.
Dominique Anglade, cheffe du PLQ. Photo: Josie Desmarais/Métro

Malgré une lutte serrée dans Saint-Henri–Sainte-Anne et la campagne difficile du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade a su conserver la plupart des circonscriptions qu’elle risquait de perdre à Montréal, dont la sienne. Le parti formera à nouveau l’opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec.

Julie Guertin, candidate du PLQ dans La Prairie, qui se présentait contre Christian Dubé, souligne qu’il est important d’avoir une opposition officielle forte. «C’est important d’avoir du monde à l’Assemblée Nationale qui ne suivent pas aveuglément le gouvernement» rappelle-t-elle.

On est là pour représenter tout les citoyens, pas seulement ceux qui votent pour nous.

Julie Guertin, candidate du PLQ dans La Prairie

La cheffe du PLQ est députée de la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne depuis 2014. En 2018, elle avait été élue avec 38,1% des votes. Cette fois, c’est de justesse qu’elle a été élue, à la suite d’une bataille menée au coude à coude contre les candidats de Québec Solidaire et de la Coalition Avenir Québec, avec environ 36% des voix. Cette circonscription est libérale depuis sa création en 1994.

À Montréal, les libéraux ont perdu une circonscription aux mains de Québec solidaire. Verdun pourrait aussi tomber. Mais les autres circonscriptions considérées comme «chaudes» sont toutes restées dans le giron libéral.

Des pertes dans le reste du Québec

Dans le reste du Québec, le parti a perdu la plupart des quelques sièges qui lui restaient. Hull est passée aux mains de la CAQ, tout comme au moins deux circonscriptions de Laval. Sur la Rive-Sud, vers 22h30, les luttes dans Laporte et La Pinière devaient encore être départagées.

La campagne de Dominique Anglade a été plutôt difficile, malgré sa confiance et sa persévérance. Étant moins populaire que le parti qu’elle représente, elle s’est fait talonner tout au long de sa campagne dans Saint-Henri–Sainte-Anne par Guillaume Cliche-Rivard de Québec solidaire (QS) et Nicolas Huard-Isabelle de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui convoitaient sa circonscription.

Cette bataille a été ardue selon différents indicateurs, dont l’agrégateur de sondages Qc125.com. Même phénomène dans la circonscription voisine de Verdun.

Un résultat attendu

Randy Belhan, résident de la circonscription Marie-Victorin et militant pour le PLQ, présent au rassemblement du parti, dans la Petite-Bourgogne, affirme que les résultats sont représentatifs de ses attentes: les sondages ne mentaient pas.

«J’aimerais qu’on mette de la pression sur la CAQ, sur les questions d’immigration et de la langue française» a-t-il commenté en lien avec le statut d’opposition officielle de son parti.

Malouise Aridou, résidente de Jean-Mance-Viger, milite dans marquette pour Enrico Ciccone. Cette bénévole a avoué avoir été déçue : elle s’attendait à un gouvernement caquiste, mais minoritaire.   

«Ça va nous propulser pour former le nouveau gouvernement» après la prochaine élection, assure-t-elle quant au rôle d’opposition officielle qu’occupera le Parti libéral du Québec.

Questionnée pendant la campagne sur son avenir au sein du PLQ ainsi que sur l’avenir même du parti, Mme Anglade a réussi à conserver son titre de députée. Reste à savoir si elle demeurera cheffe des libéraux.

Alors que Mme Anglade a réitéré tout au long de la campagne, malgré des sondages défavorables, que son but était de remplacer François Legault, cet objectif n’a évidemment pas été atteint. Pendant le Face-à-face de TVA et le Débat des chefs de Radio-Canada, elle a dû traîner l’héritage des gouvernements libéraux précédents. Ses adversaires faisaient référence aux années Charest et Couillard, et notamment à la période d’austérité ayant débuté en 2014.

Des bourdes en cours de route ont aussi miné sa campagne. On peut entre autres penser au trou de 16 milliards dans le cadre financier du parti. L’affaire a remis en question l’idée que l’économie était toujours une force du PLQ, malgré l’ancien poste de ministre de l’Économie de Mme Anglade. L’arme traditionnelle du PLQ – la crainte d’un nouveau référendum sur la souveraineté – lui a aussi été retirée par la faiblesse du Parti québécois.

En toute fin de campagne, les sondages ont toutefois montré une légère remontée du PLQ, notamment à Montréal. Manifestement, la tendance s’est maintenue jusqu’au jour du scrutin.

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