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Les victimes du Blue Bird enfin entendues

Photo: Denis Beaumont/Métro

La Ville s’apprête à corriger une injustice vieille de 40 ans en commémorant l’incendie du Blue Bird-Wagon Wheel qui a fait 37 morts le 1er septembre 1972.

C’est ce qu’a annoncé mardi l’élue responsable du Patrimoine à la Ville, Helen Fotopulos. Une plaque commémorative avec le nom des victimes sera installée au square Phillips, à deux pas du lieu de la tragédie. «Ce sera l’occasion de laisser une trace permanente», se félicite Mme Fotopulos. Une exposition hommage, montée par le Centre d’histoire de Mont­réal, sera présentée à l’Hôtel de Ville, et le souvenir des victimes sera souligné lors de la traditionnelle messe annuelle des pompiers.

Il y a quarante ans, trois jeunes qui s’étaient fait refuser l’entrée de ce bar populaire anglophone du centre-ville y avaient mis le feu. La Ville, alors dirigée par le maire Jean Drapeau, sera plus tard épinglée pour ne pas avoir fait respecter les mesures de sécurité incendie dans l’édifice.

«Ces commémorations vont nous permettre de nous réunir et de cicatriser», confie Richard Lajoie qui a perdu son grand frère dans le drame. Comme bien des victimes ou de leurs proches, il n’a jamais pu faire le deuil. «Une semaine après l’incendie, on enterrait mon frère, et le lendemain mes parents étaient déjà en Cour. Alors le soir, on entendait juste leur colère par rapport au procès», dit-il.

Retrouver les survivants de cet événement oublié ou les proches des personnes décédées n’aura pas été chose facile, puisque certains ont été retracés jusqu’en Grèce. «Pour les 37 victimes, cela n’a pas été trop compliqué, il a fallu faire le tour de tous les cimetières de la région. Mais pour les survivants, on n’en a retrouvé qu’une douzaine, et il n’y en a pas un seul qui n’a pas encore de séquelles», note M. Lajoie.

Une dame est ainsi incapable de supporter l’odeur de l’essence, et doit se faire aider pour faire le plein de sa voiture. Un autre vit quasiment en ermite depuis, et la plupart détestent les foules, ou doivent absolument vérifier si la sortie de secours est déverrouillée quand ils se rendent dans un endroit public.

«Cela fera du bien de ne plus vivre ce souvenir de façon solitaire», conclut M. Lajoie qui fera partie des commémorations qui se tiendront les 31 août et 1er septembre.

Demandes à la pelle
Des demandes de commémoration, la Ville en reçoit beaucoup au point où cela peut devenir un vrai casse-tête.

«Des rues et des parcs pour rendre hommage aux créateurs montréalais, il n’en reste pas beaucoup», souligne Helen Fotopulos. La Ville planche sur la question et présentera bientôt de nouvelles façons de commémorer les grands Montréalais.

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