Annoncer une hausse de la CAM un vendredi, c'est discutable!
Vendredi dernier la STM annonçait une nouvelle hausse de tarifs substantielle. Si Transport 2000 et les deux partis d’opposition ont dénoncé cette hausse, c’est la façon dont cela a été annoncé qui est discutable selon moi.
Explications. Les deux journaux offerts gratuitement dans le métro ne sont pas publiés la fin de semaine. Donc si vous voulez que quelque chose passe sous le radar, le meilleur jour pour faire une conférence de presse, c’est un vendredi. En plus vendredi dernier, c’était le congrès des journalistes à Québec, donc une bonne partie d’entre eux étaient absents ce jour-là.
C’était le moment idéal pour annoncer une mauvaise nouvelle comme la hausse des tarifs. Et ça a marché! J’ai fait une petite recherche sur la base de données des médias Eureka (qui ne comprend pas les médias de Quebecor).
Annonce du budget annuel de la STM en 2011: 3 occurrences (Gazette, SRC, brève dans Le Devoir). Total de 772 mots écrits dans les médias.
Annonce du budget annuel de la STM en 2010 – qui était mardi le 30 novembre: 7 occurrences (bonne couverture médiatique). Total de 2754 mots écrits dans les médias.
J’ai questionné la STM sur le choix de la date. Réponse: «Nous avons émis le communiqué et mis à la disposition des journalistes le budget sur notre site internet. Le processus nous a amené à cette date. Nous avons procédé dès que nous avons reçu les documents officiels. MM. Rotrand et Labrecque sont toujours disponibles pour entrevue.»
La STM se défend donc de toutes mauvaises intentions.
Oui les dirigeants sont disponibles pour une entrevue, mais plus question de faire face au feu roulant des questions des journalistes. Depuis deux ans, les conférences de presse à saveur budgétaire sont passées à la trappe. Ce qui, du point de vue des relations publiques, permet de mieux contrôler le message, a aussi comme incidence de diminuer la qualité globale de l’information destinée au public.
Le même type de constatation s’applique aux séances mensuelles du conseil d’administration de la STM, où les points à l’ordre du jour sont adoptés sans débat public et sans que les spectateurs qui ont pris soin de se déplacer ne puissent avoir plus de détails sur ces points que la simple phrase qui les décrit.
Pour une entreprise qui se vante régulièrement d’avoir été élue meilleure société de transport en Amérique du Nord en 2010, un peu plus de transparence ne ferait probablement pas de mal.