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Extrême make-o-vert

Photo: Collboration spéciale

Verdir, réinsérer, alimenter, éduquer, éloigner la drogue et la prostitution. Qui eut crû que des terrains vacants pouvaient avoir autant de potentiel, si on les mettait entre les mains de l’organisme Sentier urbain? La preuve en trois jardins.

Arrêt #1. Jardin Novaya Arélia
Avant, ce no man’s land du quartier Sainte-Marie était le royaume de la seringue et du condom usagé. «J’ai déjà vu six filles monter en 1h30», raconte Pierre Dénommé, directeur de Sentier urbain. Cet automne, quand les prostituées sont retournées au chaud, l’organisme a investi le secteur avec la bénédiction de l’arrondissement. Aujourd’hui, on y trouve une magnifique promenade ombragée où les hamacs invitent à la détente (légale). «Même si on n’a fait que déplacer la criminalité, la dynamique du coin s’est améliorée à 95 % et on n’a enregistré quasiment aucune dégradation depuis», se félicite M. Dénommé. Pas étonnant alors que l’arrondissement Ville-Marie dirigera, cette année, un 95 000$ bien investi vers l’organisme pour différents projets.

Arrêt #2. Jardin Préfontaine
On est dans Hochelaga. Plusieurs jeunes décrocheurs apprennent les bases de l’horticulture pendant cinq mois sur un terrain prêté par le fabriquant de levure Lallemand. Une fois par semaine, les 10 jeunes suivent des ateliers de motivation donnés par le Centre de ressources éducatives et pédagogiques, histoire de remettre un peu d’ordre dans leur vie. «Cette année, quatre des dix jeunes vont s’inscrire à un DEC en horticulture», se félicite François Fortier qui s’occupe du volet insertion chez Sentier urbain. Les plantations de légumes sont aussi entretenues par des citoyens du quartier regroupés au sein de la Maison à petits pas. La preuve que la collaboration communautaire porte fruits!

Arrêt #3. Jardin Boisé indigène
Qui savait qu’on pouvait observer à deux pas du centre-ville, de jeunes faisans éduqués par une poule à poils?! Les spécialistes auront noté qu’il s’agit d’une poule soie, originaire de Chine. Ils se demanderont alors ce qu’une poule chinoise fait dans un jardin sensé représenter la biodiversité animale et végétale québécoise. «La poule chinoise est d’un naturel très calme. En la laissant éduquer des bébés faisans, qui sont eux d’un naturel très nerveux, on s’assure que ces derniers seront capables de gérer le stress que procure la présence régulière des enfants», explique M. Dénommée. L’organisme mise de plus en plus sur le volet éducatif, et peut aussi compter sur le Jardin des cultures amérindiennes et sur le Jardin des plantes médicinales pour ce faire.

 

Sus à la chaleur

L’organisme mesure la température dans chacun de ses huit parcs pour les comparer à celles d’ilots de chaleur situés à proximité. Il s’agit là de mesurer l’importance du verdissement pour lutter contre les épisodes de chaleur accablante. Par exemple, le 11 juillet, on mesurait 30,5C à l’ombre (et 44 % d’humidité) dans le stationnement proche de l’organisme. En comparaison dans le jardin verdi qui jouxte les bureaux de Sentier urbain, il faisait 26C  (et 10% d’humidité).

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